Les résultats sont tombés ce mardi 8 septembre 2026 et le constat est sévère. La nouvelle édition de l’enquête PISA, publiée par l’OCDE, révèle que le niveau des élèves français de 15 ans n’a jamais été aussi bas depuis la création de ce classement en 2000. La France perd une place et se retrouve 27e sur 91 pays évalués, avec des scores en baisse de 16 points en mathématiques et de 18 points en compréhension de l’écrit. Elle reste malgré tout dans la moyenne des pays de l’OCDE. L’Express Éducation vous aide à comprendre ce classement, son évolution et ce qu’il dit de l’école française.
Qu’est-ce que le classement PISA ?
Le PISA, Programme international pour le suivi des acquis des élèves, est la plus grande enquête internationale sur l’éducation, pilotée par l’OCDE, l’Organisation de coopération et de développement économiques. Elle évalue les compétences des élèves de 15 ans dans trois domaines, les mathématiques, la compréhension de l’écrit et les sciences. Menée tous les trois ans depuis 2000, elle passe à un rythme de tous les quatre ans à partir de cette édition. Les résultats 2026 s’appuient sur des données recueillies en 2025 auprès de 760 000 élèves dans 91 pays et territoires.
L’objectif du PISA n’est pas de tester des connaissances apprises par cœur, mais de mesurer la capacité des élèves à résoudre des problèmes, à raisonner et à communiquer. L’enquête examine aussi des facteurs comme la motivation des élèves, le soutien de leurs parents ou le poids de leur origine sociale sur leurs résultats.
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Quelle est la place de la France dans le PISA 2026 ?
La France se situe à la 27e position sur les 91 pays et territoires évalués, perdant une place par rapport à l’édition précédente. Elle est classée juste après la Suède et la Slovénie, et devant l’Italie et le Portugal. Au sein de l’Union européenne, elle reste devancée par la Belgique, 21e, et l’Allemagne, 23e.
Malgré ce recul d’une place, la France se maintient dans la moyenne des pays de l’OCDE. Ses scores restent proches de cette moyenne dans les trois domaines, mais ils continuent de baisser d’une édition à l’autre. C’est cette érosion continue, plus que la position elle-même, qui alerte les spécialistes.
Comment ont évolué les résultats de la France ?
La baisse n’est pas un accident, mais une tendance de fond. En mathématiques, la France est passée de 484 points en 2012 à 458 en 2025. En compréhension de l’écrit, la chute est encore plus nette, de 505 points en 2012 à 456 aujourd’hui. En sciences, le recul est plus contenu, de 499 à 483 points sur la même période.
Le tableau ci-dessous retrace l’évolution de la France.
| Édition | Compréhension de l’écrit | Mathématiques | Sciences |
|---|---|---|---|
| 2000 | 505 | 517 | 500 |
| 2003 | 496 | 511 | 511 |
| 2006 | 488 | 496 | 495 |
| 2009 | 496 | 497 | 498 |
| 2012 | 505 | 495 | 499 |
| 2015 | 499 | 493 | 495 |
| 2018 | 493 | 495 | 493 |
| 2022 | 474 | 474 | 487 |
| 2025 | 456 | 458 | 483 |
Par rapport à la seule édition précédente, les résultats reculent de 16 points en mathématiques, de 18 points en compréhension de l’écrit et de 4 points en sciences. Pour donner un ordre de grandeur, l’OCDE estime qu’un écart de 20 points correspond à peu près à une année d’apprentissage. La baisse française en maths et en lecture approche donc l’équivalent d’une année de scolarité perdue en une seule édition.
Un signal préoccupant concerne les élèves en difficulté. En mathématiques, 36 % des élèves français sont désormais considérés comme peu performants, contre 29 % lors de l’édition précédente. Dans le même temps, la part des élèves les plus performants s’est effondrée, autour de 4 à 5 %, alors qu’elle atteignait 11 % en 2015. La France perd donc sur les deux tableaux, avec plus d’élèves en difficulté et moins d’élèves d’excellence.
Quels pays dominent le classement PISA 2026 ?
Comme lors des éditions précédentes, l’Asie occupe tout le haut du classement. Les quatre provinces et métropoles chinoises étudiées par l’OCDE, Pékin, Shanghai, le Jiangsu et le Zhejiang, arrivent en tête. Viennent ensuite Singapour, la région chinoise de Macao, Taïwan et le Japon, qui complètent le top 5.
Le premier pays non asiatique est l’Estonie, à la 6e place, ce qui en fait le meilleur élève européen. La Corée du Sud suit à la 7e place, puis le top 10 est complété par le Royaume-Uni, le Canada et la Nouvelle-Zélande. À l’autre bout du classement, les dernières places sont occupées par des pays d’Afrique, le Rwanda fermant la marche au 91e rang.
La baisse concerne-t-elle uniquement la France ?
Non, loin de là. La baisse est générale dans l’ensemble des pays de l’OCDE, particulièrement en Europe. Cette édition enregistre même la performance moyenne la plus faible jamais observée depuis la création de l’enquête. La France n’est donc pas un cas isolé, mais s’inscrit dans une tendance mondiale.
Le recul est surtout marqué en compréhension de l’écrit et en mathématiques, avec une chute de plus de 20 points en moyenne dans les pays de l’OCDE, tandis que les sciences se maintiennent à peu près. La baisse en lecture est jugée particulièrement préoccupante par les analystes de l’organisation. Ce mouvement, amorcé depuis la crise sanitaire, semble s’installer dans la durée.
Comment expliquer la baisse du niveau des élèves ?
Le ministère de l’Éducation nationale met en avant plusieurs facteurs extérieurs aux systèmes éducatifs. L’exposition croissante aux écrans et aux réseaux sociaux, l’usage du téléphone portable à des fins de loisir dans les établissements et le recul du suivi de la scolarité par les parents sont cités comme des causes communes à de nombreux pays.
Certains analystes évoquent aussi l’usage de l’intelligence artificielle par les élèves comme un facteur nouveau, avec un possible effet sur l’esprit critique, même si ce point ne figure pas parmi les causes officielles retenues par le ministère. En France, des difficultés plus structurelles reviennent régulièrement dans le débat, comme le creusement des inégalités sociales, la pénurie de professeurs ou l’état des établissements. L’enquête confirme que la France reste l’un des pays où l’origine sociale des élèves pèse le plus sur les résultats.
Comment le gouvernement compte-t-il réagir ?
Face à ces résultats, le ministère a annoncé un plan de redressement assorti d’un objectif chiffré. La France vise un retour dans le premier tiers des pays de l’OCDE d’ici le cycle PISA 2033, en dépassant la moyenne dès 2029, ce qui suppose de gagner 20 points, soit l’équivalent d’une année d’apprentissage.
Pour y parvenir, plusieurs mesures sont mises en avant, comme l’interdiction du téléphone portable étendue au lycée, des programmes rénovés avec des objectifs d’apprentissage plus clairs, un renforcement de la maîtrise du langage et une meilleure formation des professeurs. Dès la Toussaint 2026, chaque famille recevra un document présentant les principaux objectifs d’apprentissage de l’année de son enfant. Ces annonces interviennent alors que le système éducatif traverse déjà une réforme de la formation des enseignants, sur fond de crise de recrutement.
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La France se situe à la 27e position sur 91 pays et territoires évalués, perdant une place par rapport à l’édition précédente. Elle reste dans la moyenne des pays de l’OCDE, mais ses scores continuent de baisser en mathématiques et en compréhension de l’écrit.
Les quatre provinces et métropoles chinoises étudiées par l’OCDE, Pékin, Shanghai, le Jiangsu et le Zhejiang, arrivent en tête. Singapour, Macao, Taïwan et le Japon complètent le top 5. L’Asie occupe tout le peloton de tête, l’Estonie étant le premier pays européen, à la 6e place.
Le PISA était mené tous les trois ans depuis 2000. À partir de cette édition 2025, publiée en 2026, il passe à un rythme de tous les quatre ans. La prochaine grande enquête est ainsi attendue pour le cycle suivant.
La baisse est mondiale et plusieurs facteurs sont avancés, comme l’exposition aux écrans et aux réseaux sociaux, l’usage du téléphone portable et le recul du suivi parental. En France s’ajoutent le poids des inégalités sociales et les difficultés du système éducatif.















