Beaucoup de lycéens mettent licence et bachelor dans le même panier, alors que ces deux diplômes n’ont presque rien en commun. À l’université, la licence forme à une discipline pour quelques centaines d’euros par an, sans grande pression sur l’insertion immédiate. Le bachelor répond à une logique d’école privée, pensée pour mener droit à l’entreprise et facturé en conséquence, parfois très cher selon l’établissement choisi. Confondre les deux peut coûter cher, au sens propre comme au figuré, en particulier au moment de candidater sur Parcoursup.
Bon à savoir
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La licence, un diplôme pensé pour la suite plutôt que pour l’entreprise
La licence est un diplôme national, délivré par une université publique, qui se prépare en trois ans après le bac. Elle s’inscrit dans le schéma européen LMD et confère 180 crédits ECTS. Son objectif premier n’est pas de professionnaliser tout de suite, il s’agit avant tout de transmettre des connaissances disciplinaires solides en droit, en économie, en lettres ou encore en sciences, dans la perspective d’une poursuite en master. Concrètement, une grande partie des étudiants qui entrent en licence n’envisagent pas de s’arrêter à bac+3.
Cette logique change tout dans l’organisation des études. Les cours magistraux en amphithéâtre occupent une place importante, le travail personnel aussi et les stages restent souvent facultatifs ou limités à quelques semaines, sauf dans les licences professionnelles ou certaines filières appliquées.
Le bachelor en école de commerce, une autre philosophie
Le bachelor répond à une logique inverse. Il s’agit d’un programme post-bac de trois ou quatre ans, conçu et tarifé librement par chaque école privée, sans cadre national imposé sur la durée, le contenu ou même le grade délivré. Certains bachelors décrochent le grade de licence après évaluation, d’autres se contentent d’un titre RNCP.
Ici, l’objectif est assumé dès le départ, le bachelor prépare à l’entreprise. Stages longs, alternance possible, semestre ou année à l’étranger, projets en groupe, cours d’anglais renforcés, tout est pensé pour rendre l’étudiant opérationnel rapidement, quitte à laisser moins de place à l’approfondissement disciplinaire qu’en licence.
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Le grade de licence d’un bachelor a-t-il la même valeur qu’une vraie licence ?
Sur le papier, oui. Le grade de licence est un grade national, et il a la même portée administrative qu’il provienne d’une licence universitaire ou d’un bachelor en école de commerce qui l’a obtenu. Dans les faits, la perception sur le marché du travail ou auprès des jurys de master peut varier selon la notoriété de l’établissement, sans pour autant remettre en cause la validité du grade lui-même.
Tous les bachelors n’obtiennent pas ce grade. Un programme qui se présente comme un bachelor sans grade de licence délivre un titre RNCP, valorisé pour son contenu professionnel, mais qui n’ouvre pas systématiquement les mêmes portes universitaires qu’une licence ou qu’un bachelor gradé. Vérifier ce point précis fait partie des réflexes à avoir avant de candidater.
| Critère | Licence | Bachelor en école de commerce |
|---|---|---|
| Statut de l’établissement | Public (université) | Privé |
| Durée | 3 ans, fixe | 3 ou 4 ans selon l’école |
| Reconnaissance | Diplôme national, grade de licence systématique | Variable, grade de licence ou simple titre RNCP selon l’école |
| Frais de scolarité | Environ 175 euros par an | De quelques milliers à plus de 20 000 euros par an |
| Admission | Parcoursup, peu ou pas sélectif selon la filière | Parcoursup, dossier et entretien, parfois concours commun |
| Pédagogie dominante | Académique et théorique, peu de stages obligatoires | Professionnalisante, stages, alternance possible, international |
| Poursuite d’études | Master à l’université ou admission parallèle en école | MSc, mastère spécialisé ou Master in Management |
Y a-t-il une sélection à l’entrée d’une licence ?
Longtemps présentée comme une voie « sans sélection », la licence a évolué sur ce point. L’admission via Parcoursup reste effectivement ouverte pour de nombreuses mentions, mais plusieurs filières très demandées, droit dans les grandes villes, psychologie ou STAPS en tête, appliquent désormais un examen attentif des dossiers, qui peut aboutir à un refus. Le bachelor, lui, repose systématiquement sur un dossier et le plus souvent un entretien, ce qui en fait, sur le papier, une sélection plus uniforme d’une école à l’autre.
Bon à savoir
Reste un risque propre à l’université : le taux d’échec en première année de licence demeure élevé dans plusieurs disciplines, ce qui n’a pas d’équivalent direct dans les écoles privées, où les redoublements sont plus rares mais où une réorientation forcée peut aussi survenir en cas de résultats insuffisants.
Que devient-on après une licence ou un bachelor ?
La majorité des titulaires d’une licence poursuivent en master, à l’université ou ailleurs car le marché du travail valorise rarement une licence seule face à un diplôme bac+5. Une licence permet aussi de candidater en admission parallèle dans une école de commerce, via des concours comme Passerelle ou Ecricome Tremplin, pour rejoindre directement un Master in Management.
Le bachelor, quant à lui, ouvre davantage de chemins dès la sortie : insertion professionnelle directe, en particulier pour les profils passés par l’alternance ou poursuite en MSc, en mastère spécialisé ou en Master in Management dans la même école ou ailleurs. Le choix dépend surtout du projet de l’étudiant : une discipline à approfondir plaide pour la licence, une entrée rapide dans l’entreprise plaide pour le bachelor.
Dans l’immense majorité des cas, oui. Les droits d’inscription à l’université restent fixés autour de 175 euros par an, contre plusieurs milliers d’euros, voire bien davantage, pour un bachelor en école de commerce privée.
En règle générale, oui. La plupart des bachelors en école de commerce intègrent un semestre ou une année à l’étranger, alors que cette mobilité reste facultative et moins systématique en licence universitaire, sauf dispositifs Erasmus spécifiques selon les universités.
Oui, mais elles se préparent généralement en une seule année après un bac+2 et non en trois ans après le bac. Leur logique se rapproche d’ailleurs de celle du BUT, qui les a en grande partie remplacées depuis 2021.
Oui, certaines universités proposent des doubles cursus, par exemple droit-économie ou droit-histoire, qui permettent d’obtenir deux licences en parallèle. Cette option n’a pas vraiment d’équivalent dans les bachelors, structurés autour d’un seul parcours.
Oui, dans son intitulé et son grade. Le contenu précis des enseignements et la réputation de l’université peuvent en revanche varier, tout comme pour n’importe quel diplôme national.
Oui, à condition de vérifier ce que recouvre le titre RNCP associé et la réputation réelle de l’école. Ce type de bachelor peut convenir à un projet professionnel précis, mais il complique généralement l’accès à certains masters universitaires sélectifs.













