Un double diplôme en master permet-il réellement d’obtenir deux diplômes au cours d’un même cursus ? Le principe paraît simple, mais les formules varient énormément d’un établissement à l’autre, à l’université comme en école. Certains parcours envoient l’étudiant une année entière dans une université étrangère, d’autres associent deux universités françaises, une université et une école, ou encore deux spécialités complémentaires au sein du même établissement. La sélection peut intervenir dès la candidature en première année de master ou une fois la formation principale intégrée. Avant de se lancer, mieux vaut aussi examiner le statut des diplômes délivrés, leur reconnaissance, les frais de scolarité et la durée des études. Voici comment fonctionne un double diplôme en master et comment savoir s’il correspond à votre projet.
Bon à savoir
Le double diplôme repose historiquement sur une convention conclue entre au moins deux établissements d’enseignement supérieur. Mais aujourd’hui, il existe la possibilité d’obtenir un double diplôme au sein d’une même institution, ce qui est courant à l’université ou en école de commerce. L’étudiant suit un parcours coordonné qui lui permet, s’il valide toutes les exigences prévues, d’obtenir les diplômes délivrés par chacun des partenaires.
Dans le système français, le diplôme national de master se prépare normalement en quatre semestres et correspond à 120 crédits ECTS après la licence. Il confère le grade de master lorsqu’il est délivré par un établissement accrédité.
Lire aussi : Le système LMD (licence, master, doctorat) : comment ça marche ?
Qu’est-ce qu’un double diplôme en master ?
Un double diplôme en master est le fait d’obtenir deux diplômes par un ou deux établissements, parfois davantage. L’étudiant ne réalise pas nécessairement deux formations complètes l’une après l’autre. Une partie des cours, des examens, du mémoire ou du stage est reconnue simultanément par les partenaires, selon les règles inscrites dans leur convention.
À la fin du cursus, deux configurations existent. Le double diplôme, parfois appelé diplôme multiple dans les programmes internationaux, conduit à la remise d’au moins deux diplômes distincts. Chaque établissement délivre son propre document.
Quelles différences avec le diplome joint ?
Le diplôme conjoint prend la forme d’un diplôme unique délivré au nom de plusieurs établissements. Le programme est co-construit par deux institutions, alors que le double diplôme permet d’être diplômé de deux écoles différentes, après avoir suivi un cursus spécifique dans chacun des établissements.
Les masters conjoints Erasmus Mundus peuvent notamment conduire à un diplôme commun ou à plusieurs diplômes remis par les universités partenaires. Dans le cadre d’un partenariat international impliquant un établissement français, les modalités de délivrance doivent être prévues par une convention. Lorsque les partenaires ne délivrent pas de parchemin commun, chaque établissement peut remettre son propre diplôme.
Le double cursus master ne doit pas être confondu avec un semestre d’échange. Une mobilité Erasmus ou un échange universitaire permet généralement de faire valider des crédits dans son établissement d’origine, sans obtenir automatiquement un second diplôme. Le double diplôme suppose que l’étudiant remplisse les conditions d’obtention fixées par les deux partenaires.
Lire aussi : ESCP et Sciences Po créent un double bachelor commun
Comment se déroule un double cursus en master ?
L’organisation dépend de la convention passée entre les établissements. Dans un programme international, l’étudiant commence souvent sa formation dans son établissement d’origine, puis rejoint l’établissement partenaire pendant un ou plusieurs semestres. D’autres parcours alternent les lieux d’études ou réunissent les étudiants des deux établissements dans une même promotion.
Le contrat pédagogique précise les cours obligatoires, les équivalences, les règles de validation, la langue d’enseignement et les modalités du mémoire. Il peut aussi prévoir un stage dans le pays partenaire ou une soutenance devant un jury composé d’enseignants issus des deux établissements.
Les crédits ECTS facilitent cette organisation en rendant la charge de travail plus lisible entre les systèmes européens. Une année universitaire à temps plein correspond normalement à 60 crédits ECTS. Un master de deuxième cycle représente généralement 90 ou 120 crédits selon le pays et le système concerné. Les relevés de notes et les accords pédagogiques servent à reconnaître les crédits obtenus lors d’une période de mobilité.
La durée totale n’est pas automatiquement doublée. De nombreux parcours restent organisés sur deux années après un diplôme de niveau bac+3, car les enseignements suivis chez le partenaire remplacent une partie du cursus initial. Certains programmes peuvent néanmoins imposer un semestre ou une année supplémentaire lorsque les exigences des deux diplômes ne peuvent pas être entièrement mutualisées.
Comment candidater à un double diplôme en master ?
La procédure de candidature change selon le moment où le parcours devient accessible. Certains doubles diplômes disposent d’une admission spécifique dès l’entrée en master. D’autres sont réservés aux étudiants déjà admis dans une formation principale, qui candidatent ensuite auprès du service des relations internationales ou du responsable du programme.
Pour un diplôme national de master proposé en première année par un établissement français, la candidature principale passe en principe par la plateforme Mon Master. Cette plateforme recense les formations conduisant au diplôme national de master et transmet les dossiers aux établissements. Les responsables de formation peuvent sélectionner les candidats sur dossier, organiser un entretien ou prévoir des épreuves complémentaires.
L’accès au double diplôme peut ensuite faire l’objet d’une procédure interne distincte. La sélection en double diplôme examine généralement la cohérence du projet, les résultats universitaires, le niveau linguistique et la capacité du candidat à suivre un cursus plus mobile. Une lettre de motivation spécifique, un curriculum vitae, des relevés de notes et une certification de langue peuvent être demandés.
Le dossier doit montrer pourquoi le second établissement apporte une compétence qui ne serait pas acquise dans le parcours principal. Un projet précis est plus convaincant qu’une motivation reposant uniquement sur le prestige du partenaire ou sur l’envie de vivre à l’étranger.
Lire aussi : Master ou MSc : quelles différences et lequel choisir ?
Faut-il obligatoirement partir dans une université étrangère ?
Le double diplôme est souvent associé à un partenariat avec une université étrangère, mais ce caractère international n’est pas obligatoire. Deux établissements français peuvent aussi s’accorder sur un cursus commun afin de rapprocher des disciplines ou des compétences différentes.
Un étudiant peut, par exemple, associer une formation en management à un cursus d’ingénieur, de droit, de sciences politiques ou de data. Le double diplôme devient alors un moyen d’acquérir une double compétence plutôt qu’une expérience internationale.
Dans un partenariat étranger, la mobilité constitue généralement une partie centrale de la formation. La durée passée dans chaque pays, la possibilité de choisir le campus et les conditions de visa doivent être vérifiées avant l’inscription. Une convention internationale ne garantit pas que tous les étudiants du master pourront partir. Le nombre de places peut être limité et la sélection intervenir après plusieurs mois de formation.
Le candidat doit aussi vérifier la langue réelle des cours. Un programme présenté comme international peut être enseigné entièrement en anglais, dans la langue du pays d’accueil ou dans plusieurs langues selon les semestres.
Les deux diplômes sont-ils reconnus de la même manière ?
Chaque diplôme conserve le statut juridique accordé par son pays et par l’établissement qui le délivre. Le diplôme national de master français est délivré par des établissements accrédités et confère de plein droit le grade de master. Un diplôme d’établissement, un MSc, un MBA ou un titre étranger peut relever d’un autre cadre de reconnaissance, même s’il est préparé au niveau bac+5.
Avant de candidater, il faut donc identifier le nom exact des deux diplômes remis. La brochure du programme doit préciser l’établissement qui les délivre, leur niveau, leur accréditation et les conditions nécessaires pour les obtenir. La formule « double diplôme » ne suffit pas à établir qu’il s’agit de deux diplômes nationaux de master.
La reconnaissance du diplôme étranger dépend du pays dans lequel le diplômé souhaite poursuivre ses études ou travailler. En France, le centre ENIC-NARIC informe sur la reconnaissance académique des diplômes étrangers et peut délivrer une attestation de comparabilité lorsque celle-ci est nécessaire. Cette évaluation ne transforme pas le diplôme étranger en diplôme français et ne remplace pas les règles propres aux professions réglementées.
Quels sont les avantages et les limites d’un double diplôme ?
Le principal intérêt tient à la combinaison de deux environnements académiques. L’étudiant peut compléter sa spécialité initiale, accéder à des enseignements absents de son établissement d’origine et développer une connaissance concrète d’un autre système universitaire.
Un master international apporte aussi une expérience de mobilité plus structurée qu’un simple semestre d’échange. Les étudiants suivent un parcours diplômant, passent les mêmes examens que les étudiants locaux et doivent répondre aux règles des deux établissements. Cette immersion peut renforcer les compétences linguistiques et la capacité à travailler dans un contexte interculturel.
Le double diplôme demande en contrepartie une préparation administrative importante. Le calendrier universitaire, les règles de rattrapage, les procédures de visa, le logement et les assurances peuvent varier d’un pays à l’autre. Une difficulté dans l’établissement partenaire peut retarder la validation des deux diplômes lorsque les résultats sont liés.
Bon à savoir
Le coût mérite une étude précise, car certains accords dispensent l’étudiant de payer les droits du partenaire, alors que d’autres ajoutent des frais spécifiques. Le transport, le logement, la couverture sociale et le niveau de vie local peuvent représenter une part importante du budget. Les modalités financières doivent être obtenues par écrit avant l’acceptation définitive.
Comment choisir le bon double diplôme en master ?
Le choix doit partir du contenu académique. Deux noms d’établissements réputés ne garantissent pas que le parcours sera cohérent avec le métier visé. Les cours suivis chez le partenaire doivent compléter la formation initiale sans répéter les mêmes enseignements.
Le statut des diplômes constitue le deuxième point de contrôle. Le candidat doit connaître l’intitulé exact remis par chaque établissement et vérifier si le cursus conduit réellement à deux diplômes. Il doit aussi examiner les conditions d’obtention, car la validation du master d’origine ne suffit pas toujours à recevoir le diplôme partenaire.
La mobilité doit correspondre au projet personnel. La destination, la langue, la durée du séjour et le calendrier des stages influencent directement l’expérience. Un étudiant qui vise une carrière dans un secteur précis gagnera davantage à choisir un partenaire reconnu dans cette spécialité qu’une destination sélectionnée pour son seul attrait géographique.
Les débouchés annoncés doivent enfin être confrontés aux parcours réels des diplômés. Les métiers occupés, les pays d’insertion, les poursuites en doctorat et la place accordée aux stages permettent de mesurer l’utilité du programme. Le meilleur double diplôme est celui dont les deux composantes servent un même projet, sans ajouter de charge ou de coût disproportionné.
Oui, lorsque l’établissement organise une sélection interne en première année. D’autres programmes exigent une candidature dès l’admission initiale et ne sont plus accessibles une fois le cursus commencé.
C’est très très rare. Les calendriers des établissements peuvent être très compliqué à concilier avec un contrat de travail, pour ne pas dire impossible s’il s’agit d’un double diplôme à l’international.
Il le permet lorsque le parcours confère un diplôme ou un grade donnant accès au doctorat dans le système concerné. L’établissement doctoral examine aussi le niveau académique, le mémoire de recherche et la cohérence du projet.
Pas systématiquement. Certaines conventions prévoient le paiement des droits dans un seul établissement, tandis que d’autres appliquent des frais additionnels. Les règles financières sont propres à chaque partenariat.
Les conséquences dépendent de la convention. L’étudiant peut perdre uniquement le second diplôme, devoir repasser certaines unités ou retarder la validation de l’ensemble du cursus.
Non. Sa valeur dépend de la qualité des formations, de la cohérence entre les deux spécialités et de l’utilité du parcours pour le métier ciblé. Un master classique bien choisi peut être plus pertinent qu’un double diplôme mal adapté.
L’échange ne diplôme pas de l’institution, et est souvent sur un semestre ou deux. Contre deux semestres dans la majorité des cas pour un double diplome, sinon plus ?














