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Géopolitique ESSEC 2026 – Sujet et analyse

4 Min. de lecture
HGG - Géopolitique ESSEC

Le sujet de géopolitique de l’ESSEC 2026 est à retrouver sur cette page. Cette épreuve est programmée le jeudi 23 avril 2026 de 8 h à 12 h pour les candidats ECG inscrits en option HGG.

À lire aussi : tous les sujets du concours BCE 2026.

L’épreuve vérifie la maîtrise des questions au programme, la capacité à comprendre un problème et à le discuter, ainsi que l’aptitude à exprimer une pensée claire, argumentée et cohérente. C’est donc une dissertation qui demande à la fois de la culture historique et géopolitique, une vraie hiérarchisation des idées et une exploitation intelligente des éventuels documents fournis avec le sujet.

Retrouvez le calendrier complet des épreuves du concours BCE sur le site.

Le sujet d’HGG de l’ESSEC 2026

Vers une désoccidentalisation du monde ?

Bon à savoir

En janvier 2026, L’Express Education publiait pour la première fois en France le classement des écoles de commerce selon l’avis des Dirigeants français.

Analyse du sujet

Cette analyse rapide ne concerne que cette problématique de dissertation, et non la carte ou les documents d’accompagnement.

Ce sujet frappe d’abord par une simplicité apparente. Pourtant, cette sobriété formelle masque une question très dense, qui oblige à réfléchir à l’évolution de l’ordre international dans son ensemble. Le premier enjeu consiste donc à définir rigoureusement les termes. La désoccidentalisation ne désigne pas nécessairement la disparition de l’Occident au sens géographique (colonies, notamment), mais plutôt la remise en cause de sa centralité politique, économique, diplomatique et normative.

Quant au mot « monde », il nous rappellerait presque le thème des dissertations en CG de 2023. Ici, il donne au sujet une portée très large, qui impose d’éviter les généralisations rapides et d’observer des dynamiques contrastées selon les régions, les acteurs et les échelles. La littérature récente sur cette notion souligne d’ailleurs qu’elle doit être pensée avec nuance, et qu’elle entre en discussion avec d’autres catégories comme le non-alignement ou le multi-alignement.

L’intérêt du sujet tient en fait à un seul mot. Et ce mot c’est : « vers », qui interdit toute lecture brutale. C’est un mouvement. C’est progressif. Il ne s’agit pas de se demander si le monde est déjà désoccidentalisé, mais s’il évolue dans cette direction. Toute la difficulté est là. Le sujet invite moins à constater une rupture totale qu’à mesurer un mouvement, ses rythmes, ses limites et ses ambiguïtés. Cela conduit à s’interroger sur plusieurs phénomènes entremêlés : la montée en puissance de pays non occidentaux, l’affirmation stratégique du Sud global, la contestation de certaines normes portées par les puissances occidentales, mais aussi la persistance de formes majeures de domination occidentale dans la finance, les technologies, les institutions internationales, les monnaies de réserve ou les capacités militaires.

La force du sujet réside précisément dans cette tension. D’un côté, de nombreux signes plaident pour une désoccidentalisation relative du monde. Le poids démographique (Chine et Inde), économique et diplomatique de l’Asie s’affirme, les BRICS élargis traduisent une volonté de rééquilibrage, plusieurs puissances émergentes refusent l’alignement automatique sur les positions euro-américaines, et les conflits récents ont mis en lumière une distance croissante entre l’Occident et une partie du reste du monde.

De l’autre, il serait hâtif voire malhonnête de conclure à un effacement de l’Occident. Les États-Unis conservent une puissance militaire et technologique considérable (l’Iran et le Venezuela en ce début d’année, peuvent en témoigner), le dollar demeure central, les universités, les entreprises, les standards juridiques et les réseaux d’alliance occidentaux continuent de structurer une large part de la mondialisation, que ce soit de l’Oncle Sam au Canada, jusqu’à l’Australie, en passant par le vieux continent. Les analyses récentes sur la désoccidentalisation insistent justement sur le fait qu’il s’agit moins d’un basculement achevé que d’un rééquilibrage progressif du système international.

Que retenir du sujet HGG de l’ESSEC en 2026 ?

Le sujet invite donc à se méfier des lectures trop binaires. Il ne s’agit ni d’annoncer la fin de l’Occident, ni de nier les transformations en cours. L’analyse la plus solide consiste à montrer que le monde connaît bien une contestation croissante de l’hégémonie occidentale, mais que cette évolution ne débouche pas automatiquement sur un ordre post-occidental cohérent, stable et unifié. La désoccidentalisation, si elle existe, reste partielle, inégale et disputée. Elle traduit davantage une fragmentation du pouvoir mondial, une diversification des centres de décision et une pluralisation des références qu’un remplacement pur et simple d’un bloc par un autre.

En ce sens, le sujet est très riche, parce qu’il oblige à penser ensemble le déclin relatif de l’Occident, la montée d’acteurs non occidentaux, la recomposition des rapports de puissance et la persistance de fortes asymétries héritées de l’ordre international précédent. La meilleure lecture du sujet consiste ainsi à voir dans la désoccidentalisation non pas un fait déjà accompli, mais une dynamique réelle, incomplète et profondément contradictoire.

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