Avec 2 059 650 élèves répartis dans 7 500 établissements, l’Enseignement catholique scolarise un élève français sur cinq. Loin des idées reçues, ce réseau affirme son ouverture à tous et mise sur ses valeurs humaines pour attirer des profils de plus en plus diversifiés.
Un modèle éducatif différenciant
« Il y a cette question de bienveillance, de reconnaissance de la personne en tant que telle », souligne Stéphane Gouraud, Secrétaire général adjoint de l’Enseignement catholique. Cette approche se manifeste dans l’accompagnement des élèves : « On ne peut pas affecter un élève chez nous. Un élève, quand il vient quelque part, il a demandé son inscription. » Ce principe de choix mutuel crée un engagement fort, comparable selon Carole Marsella, Directrice Générale Déléguée de l’Icam (l’Institut Catholique d’Arts et Métiers), à « un collaborateur qui choisit l’entreprise et l’entreprise qui choisit son collaborateur. »
Cette philosophie d’espérance se traduit par un accompagnement individualisé. « On essaye d’obtenir une forme d’investissement et d’engagement de la part de l’élève », précise Stéphane Gouraud. Plutôt que d’imposer une orientation, l’établissement devient « coopérateur du projet professionnel », travaillant main dans la main avec les familles et les jeunes pour co-créer leur parcours.
Pour Carole Marsella, ces valeurs résonnent particulièrement auprès des jeunes femmes dans les écoles d’ingénieurs : « Le bien-être, le fait d’être accompagné par les enseignants de manière bienveillante » figurent parmi les raisons principales de leur choix de l’Icam.
Une ouverture à tous, au-delà des préjugés
à peine, des jeunes choisissent une école catholique pour des raisons religieuses.

« À peine 10 % des jeunes viennent chez nous pour des raisons religieuses », révèle Stéphane Gouraud, balayant les idées reçues. « L’ouverture à tous existe dès le début. L’Enseignement catholique, quand il existe quelque part, c’est pour le pays lui-même, pas pour uniquement former les catholiques. »
Dans certains établissements des quartiers nord de Marseille, les élèves sont majoritairement musulmans. « Même s’ils sont conscients qu’ils sont plongés dans un bain catholique, c’est un bain qui est ouvert à l’altérité religieuse », souligne-t-il. De nombreuses familles musulmanes apprécient qu’ « on puisse parler religion », un dialogue parfois compliqué dans le système laïque classique.
Le grand rabbin de France témoignait récemment de « familles juives qui sont dans l’Enseignement catholique et qui s’y trouvent très bien, notamment pour des raisons d’accueil. » Pourtant, des obstacles persistent. « Il y a quand même un décalage dans le coût que représente la scolarisation chez nous », reconnaît Stéphane Gouraud. La contribution familiale s’ajoute à une exclusion fréquente des dispositifs sociaux municipaux : « La plupart des communes ont des aides sociales pour la cantine, et beaucoup de nos élèves en sont exclus, parce qu’ils sont dans un établissement privé. »
Malgré ces barrières, 11 % des élèves sont boursiers, un chiffre qui grimpe à 24,6 % dans les lycées professionnels, témoignant d’une vraie mixité sociale.
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L’inclusion comme engagement prioritaire
L’Enseignement catholique scolarise 16 266 élèves à besoins éducatifs particuliers. « On travaille sur l’inclusion, on est attentif à la façon dont les jeunes en situation de handicap sont pris en charge », explique Stéphane Gouraud. « On a un certain nombre de dispositifs. Ça commence par le fait de travailler sur l’inclusion, mais on a aussi la responsabilité de se dire que chaque enfant, quand il nous est confié, c’est sous un sceau de confiance avec une attente forte des parents. »
Avec 50 241 apprentis, dont 9 571 dans l’enseignement agricole, le réseau développe des UFA (Unité de Formation d’Apprentis) ou des CFA (Centre de Formation des Apprentis) qui ont permis d’accueillir des jeunes parfois moins enclins à se tourner vers l’Enseignement catholique de manière traditionnelle.
élèves à besoins éducatifs particuliers sont scolarisés dans l’enseignement catholique.

Une vision au service du pays
« Notre objectif, c’est vraiment d’être authentiquement chrétien pour être à l’accueil de tous et au service du pays », résume Stéphane Gouraud. Dans un système éducatif français en tension, l’Enseignement catholique se positionne comme « un outil au service de la liberté d’enseignement » où les 137 500 enseignants incarnent une vision d’une école qui accueille chacun avec ses spécificités, portée par des valeurs d’accompagnement et d’espérance qui résonnent bien au-delà des considérations religieuses.
NOTRE RÉSUMÉ EN
5 points clés
PAR L'EXPRESS CONNECT IA
(VÉRIFIÉ PAR NOTRE RÉDACTION)
Voici un résumé en cinq points clés de l’article sur le sujet : L’Enseignement catholique : l’inclusion par les valeurs d’accompagnement
Un poids majeur dans le paysage scolaire
Avec plus de 2 millions d’élèves et 7 500 établissements, l’Enseignement catholique accueille un élève sur cinq en France, confirmant son rôle central dans le système éducatif.
Une ouverture revendiquée à tous les publics
Contrairement aux idées reçues, le réseau insiste sur sa volonté d’accueillir des élèves aux profils variés, indépendamment de leur origine sociale, culturelle ou religieuse.
L’accompagnement au cœur du projet éducatif
Les établissements misent sur leurs valeurs humaines – écoute, bienveillance, suivi individualisé – pour proposer un cadre éducatif perçu comme sécurisant et structurant.
Une attractivité renforcée par la diversité
Cette philosophie inclusive attire de nouvelles familles en quête d’un environnement scolaire stable, attentif au développement personnel autant qu’aux apprentissages académiques.
Un positionnement distinct dans le débat éducatif
L’Enseignement catholique met en avant son identité et ses valeurs d’accompagnement comme une réponse aux attentes contemporaines des parents et des élèves, tout en réaffirmant sa place au sein de l’école française.













