L’ESTP nomme Julien Gardan à la tête de son Institut de Recherche de la Construction (IRC) et profite de ce changement de gouvernance pour revoir en profondeur sa feuille de route scientifique, désormais organisée autour de cinq axes. L’école veut ainsi répondre aux enjeux de la filière sur la durabilité des constructions, l’adaptation au changement climatique et la décarbonation, dans une dynamique multi-territoriale.
Bon à savoir
Julien Gardan, un parcours entre recherche, innovation et entrepreneuriat
Docteur en mécanique, habilité à diriger des recherches et diplômé en gestion et administration des entreprises, Julien Gardan est enseignant-chercheur, spécialiste de la conception avancée et de la fabrication additive. Après une dizaine d’années dans l’entrepreneuriat et l’innovation industrielle, il rejoint l’EPF en 2013, où il crée une plateforme technologique, codéveloppe la majeure « Design industriel durable » puis prend, en 2022, la direction du campus de Troyes. Il arrive à l’ESTP en 2024 pour diriger l’équipe de recherche « Technologies pour la construction et le patrimoine » sur le campus de Troyes. Il est aussi à l’origine de l’association FabAdd-Académie et trésorier de France Additive depuis 2025.
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Cinq axes pour une recherche transversale à l’ESTP
Face à l’accélération de la décarbonation, aux impacts du changement climatique et à la transition numérique, l’ESTP repense l’organisation de sa recherche en croisant les disciplines. L’IRC se structure désormais autour de cinq axes :
- La construction durable et l’adaptation au changement climatique,
- Le numérique et les technologies innovantes pour la construction,
- La transition énergétique pour le bâtiment et la ville,
- La résilience des infrastructures et le génie civil,
- Le génie civil écologique.
L’institut s’appuie sur 46 chercheurs, bientôt rejoints par des animateurs d’axe chargés de faciliter les échanges entre les pôles d’ici la fin de l’année, et vise 70 à 80 enseignants-chercheurs d’ici 2035.
« En m’appuyant sur la richesse des expertises de nos équipes, je souhaite développer une recherche transversale, multidisciplinaire et étroitement connectée aux enjeux socioéconomiques et écologiques », déclare Julien Gardan.
Plus de 2 millions d’euros investis dans des équipements de pointe
Depuis 2024, l’IRC a investi plus de 2 millions d’euros dans ses plateformes technologiques, parmi lesquelles un démonstrateur Smart Grid, une chambre biclimatique, un érodimètre et des moyens de supervision par objets connectés. L’institut entend renforcer les synergies entre ses équipes, ses plateformes, ses moyens d’essais, ses six chaires d’enseignement et de recherche, de l’ingénierie des bétons aux jumeaux numériques de la construction, et ses partenaires académiques et industriels. L’objectif est d’accélérer le transfert de l’innovation vers les entreprises, avec l’appui de sa Cellule Développement et Valorisation.
Des projets co-construits avec les territoires
Ces équipements alimentent des projets menés avec le tissu économique local des campus de Cachan, Dijon, Troyes, Orléans et Aix-en-Provence. À Orléans, GreenMirror, lauréat du dispositif Climate Data Hub de la Région Centre-Val de Loire, associe le campus, une PME locale et la mairie pour concevoir un hub de données environnementales contre les îlots de chaleur urbains grâce à la végétalisation des façades. SMART-HERIT, porté avec l’Université de Reims Champagne-Ardenne et soutenu par Troyes Champagne Métropole, développe un jumeau numérique du patrimoine bâti troyen pour simuler l’impact des solutions de réhabilitation. Le projet IRGAK, soutenu par l’ADEME entre 2024 et 2028, s’attaque au retrait-gonflement des argiles avec un traitement in situ à base de sulfate de potassium, tandis que DiaDIL, financé par Bpifrance dans le cadre de France 2030, vise à digitaliser le diagnostic des infrastructures linéaires.
L’école a par ailleurs été retenue à l’appel à projets générique 2026 de l’Agence nationale de la recherche pour le projet ÉCOLE. Pendant 48 mois, un consortium réunissant le Cerema, l’ESTP, l’Université Gustave Eiffel, l’Université de Tours et l’entreprise Pando2 étudiera la santé et le confort dans les établissements éducatifs, le campus de Cachan servant de site pilote pour déterminer, par exemple, quand et comment aérer une classe sans y faire entrer chaleur ni pollution.















