Un an après l’arrivée de Mohamed Afennich à sa direction générale, MBS School of Business a dévoilé le 24 septembre dernier le projet qui doit guider sa transformation à l’approche de ses 130 ans, une ambition résumée en une formule : devenir l’École-Laboratoire des Transformations. « Nous voulons une école qui expérimente les mutations du monde, qui les anticipe, qui les accompagne et qui contribue à les construire », résume le directeur général.
Bon à savoir
Open Lab, des partenariats plus exigeants et un institut en Chine
Le premier des trois piliers du projet vise à resserrer les liens entre la business school et le monde qu’elle étudie. Entreprises, collectivités et entrepreneurs pourront désormais soumettre leurs propres problématiques et venir tester des réponses aux côtés des étudiants, dans des dispositifs pensés pour le futur campus, un magasin expérimental, une salle des marchés, des espaces d’observation, bientôt complétés par un Business Club dédié.
Cette logique irrigue aussi la stratégie internationale de l’école, qui ne cherche plus seulement à multiplier les accords, mais à construire des partenariats plus exigeants, la part de ses établissements partenaires doublement ou triplement accrédités atteint désormais 44%, contre 31% auparavant. L’Institut Franco-Chinois créé à Chengdu avec la Southwestern University of Finance and Economics illustre ce virage, avec près de 250 étudiants attendus en finance, marketing ou intelligence artificielle, avant une inauguration prévue le 20 octobre.
Knowledge Lab, une pédagogie en quatre étapes et un programme grande école réorganisé en trois ans
Former à des métiers qui n’existent peut-être pas encore suppose de revoir la façon même d’enseigner. MBS organise désormais sa pédagogie autour de quatre étapes : apprendre les fondamentaux, explorer en expérimentant, appliquer ses acquis à un cas concret, puis agir dans des situations réelles. Deux fils conducteurs sont présents chaque semestre dans chaque programme : le numérique et l’intelligence artificielle d’un côté, l’impact positif de l’autre.
Le programme grande école suit désormais la même logique progressive sur trois ans, une première année pour consolider les fondamentaux du management, une deuxième où l’étudiant choisit parmi cinq majeures, puis une troisième où une spécialisation s’ajoute, rattachée à l’un des douze Labs sectoriels de l’école, de la santé à la sécurité et la souveraineté en passant par la vigne et le vin.
Des partenariats avec l’IAE de Montpellier, l’EPF ou l’ESMA doivent compléter cette ouverture, pour former des managers capables de dialoguer avec des ingénieurs et des juristes autant qu’avec des experts sectoriels.
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Impact Lab, mesurer les résultats et donner aux étudiants un portefeuille de compétences
Le troisième pilier engage l’école à mesurer ce que ses actions changent réellement, pour les étudiants comme pour les entreprises, le territoire ou la société, à travers la méthodologie BSIS et des indicateurs portant sur l’égalité des chances, la diversité ou les transitions environnementales. Chaque étudiant pourra de son côté s’appuyer sur un outil baptisé REFLECT pour relier les compétences acquises en cours, en projet ou en engagement associatif à des réalisations concrètes, un portefeuille qui vient compléter le diplôme plutôt que le remplacer. « Nous voulons passer d’une logique d’engagement à une logique de preuve », résume Mohamed Afennich.
Comment MBS réduit sa dépendance à l’alternance pour financer sa transformation
MBS cherche en parallèle à desserrer sa dépendance à un seul mode de financement. La part de l’alternance dans son activité doit ainsi reculer progressivement d’environ 55% à 45%, une évolution assumée pour des raisons pédagogiques autant qu’économiques, laisser aux étudiants de première année du programme grande école le temps de construire leur projet avant l’immersion en entreprise. De nouvelles activités doivent accompagner ce rééquilibrage, le Business Club et l’Institut Franco-Chinois en tête, aux côtés d’une piste explorée avec ses partenaires publics, l’émission de titres participatifs associatifs pour financer ses investissements.
ANIMA, un campus à 108 millions d’euros pour la rentrée 2027
C’est dans ce campus, installé dans le quartier Cambacérès de Montpellier dès la rentrée 2027, que les trois Labs doivent converger physiquement. Le projet, chiffré à 108 millions d’euros, réunit trois bâtiments et 28 000 m² de surface de plancher, dont 20 000 pour MBS, aux côtés de Purple Campus, de la CCI Hérault et de la CCI Occitanie, pour une capacité totale de plus de 5000 étudiants, apprentis et stagiaires. Situé à 300 mètres de la gare TGV, le site vise la certification Bâtiment Durable Occitanie niveau argent. « ANIMA n’est pas la finalité de notre stratégie, il en sera l’outil, le catalyseur et l’accélérateur », résume le directeur général de MBS.















