Lors d’une conférence de presse, TBS Education a détaillé la transformation de son PGE (Programme Grande École). L’école veut articuler international, intelligence artificielle et expérience étudiante pour répondre aux mutations géopolitiques, démographiques et technologiques.
TBS Education assume un choix à rebours d’une partie du marché. Réunie à Paris le 26 mars pour présenter les évolutions de son Programme Grande École, l’école de management triplement accréditée a défendu une ligne claire : renforcer le PGE comme voie d’excellence, plutôt que diluer les parcours. Dans un contexte marqué par l’accélération des usages de l’intelligence artificielle, les tensions géopolitiques et l’intensification de la concurrence internationale pour attirer les talents, l’établissement entend former des profils capables d’agir dans un environnement moins lisible, plus instable, et plus exigeant.
« Nous faisons face à un choc géopolitique, un choc démographique et un choc d’adaptation à l’intelligence artificielle », a résumé Stéphanie Lavigne, directrice générale de TBS Education, en ouverture de la conférence. Derrière cette formule, l’école pose un diagnostic large. Les métiers centrés sur l’exécution et la gestion de processus sont de plus en plus automatisés. L’international ne se réduit plus à une promesse d’ouverture, il devient un espace traversé par des rapports de force. À cela s’ajoutent la saturation informationnelle, qui fragilise l’attention, et la perspective d’une baisse démographique à l’horizon 2030, susceptible de rebattre les cartes de l’attractivité dans l’enseignement supérieur.
Bon à savoir
Pour répondre à cette série de mutations, TBS Education a structuré la nouvelle feuille de route de son Programme Grande École autour de trois axes : remettre l’humain au centre de la décision, faire de l’international une expérience de complexité, et former des étudiants capables de maîtriser l’intelligence artificielle sans s’y soumettre. Au-delà d’une évolution de maquette, l’école présente une transformation qui touche à la fois les campus, les contenus pédagogiques et la manière de penser l’expérience étudiante.
Des campus conçus comme des lieux de vie et d’expérimentation
La première dimension de cette transformation concerne l’environnement d’apprentissage lui-même. TBS Education entend faire de ses campus autre chose que de simples lieux de cours. À Paris, les 5 000 m² de locaux sont en cours de rénovation. L’école prévoit davantage d’espaces de vie, avec notamment un toit-terrasse accessible aux étudiants et une cour végétalisée. La fin des travaux est annoncée pour la rentrée 2026. À Toulouse, un vaste programme de modernisation doit s’étendre jusqu’en 2027, avec l’ajout d’espaces sportifs extérieurs, parmi lesquels un terrain de football, un terrain de rugby et un city stade. À plus long terme, le campus toulousain doit accueillir, d’ici 2031, un ensemble de 30 000 m² pensé comme un lieu où l’on vit autant qu’on étudie.
Casablanca s’inscrit dans la même stratégie d’ancrage, avec une reconnaissance officielle en cours auprès du ministère de l’Enseignement supérieur du Maroc. Pour l’école, ces évolutions immobilières ne relèvent pas seulement du confort ou de l’attractivité visuelle. Elles répondent à un enjeu plus large : recréer du lien, favoriser l’engagement et réhabiliter la présence physique dans un moment où une partie des apprentissages, des échanges et des usages tend à se dématérialiser.
TBS Education pousse même plus loin cette logique en travaillant sur une identité sensorielle. L’école a conçu une signature sonore avec ses étudiants et le compositeur Maxime Tisné-Versailles. « Notre signature n’est pas seulement académique, elle est aussi sensorielle et intellectuelle. Nous construisons une expérience étudiante transformatrice, en France comme à l’international », affirme Stéphanie Lavigne. Ce travail sur l’expérience se prolonge dans les enseignements eux-mêmes. L’école annonce un renforcement des compétences relationnelles et du leadership dès le M1, avec l’idée de former des décideurs capables de jugement là où la machine montre ses limites. Elle met aussi en avant la création d’une « BD de la recherche », un format destiné à rendre les savoirs académiques plus accessibles et à réhabiliter, selon ses termes, une pensée longue face à l’automatisation du savoir.
Un international pensé comme confrontation au réel
Le deuxième pilier du nouveau PGE porte sur l’international. Là encore, TBS Education cherche à déplacer le curseur. L’école ne présente plus l’expérience internationale comme une simple mobilité ou un séjour valorisant sur un CV, mais comme une exposition concrète à la complexité économique, culturelle et géopolitique du monde contemporain. Les étudiants du Programme Grande École peuvent désormais construire un parcours sur mesure 100 % international, appuyé sur de nouveaux partenariats académiques annoncés avec Yale University, Kyoto University, Tokyo International University, et l’University of Michigan.
Bon à savoir
Cette stratégie ne repose pas seulement sur le prestige des destinations. Elle vise aussi à inscrire les parcours dans des contextes locaux spécifiques. À Casablanca, TBS Education met ainsi en avant un semestre intitulé « Doing Business in Unstructured Markets », pensé pour confronter les étudiants à des environnements économiques moins stabilisés, où les repères institutionnels, culturels et commerciaux diffèrent sensiblement des standards occidentaux. L’école veut faire de cette immersion une ressource pédagogique à part entière.
À Barcelone, elle annonce également le lancement d’un MSC Music, Screen and Video Game Industries Management. Le choix n’est pas anodin. Il traduit la volonté de se positionner sur des industries culturelles et créatives jugées particulièrement dynamiques en matière d’employabilité. Dans le même mouvement, TBS Education poursuit l’hybridation de ses parcours avec un triple diplôme en alternance avec Sciences Po Toulouse, pensé comme un continuum entre économie, terrain et géopolitique. L’école développe aussi ses doubles diplômes avec plusieurs établissements d’ingénieurs, notamment l’INSA, l’ENAC, PURPAN, ainsi qu’avec de nouveaux partenaires parmi lesquels figure EFREI.
« Nous ne formons plus des étudiants à un international théorique. Nous les confrontons à la complexité du monde réel, dans des environnements où se jouent les rapports de force économiques, politiques et culturels. C’est cette exposition qui construit des leaders lucides et opérationnels », souligne Miguel Urdanoz, directeur du Programme Grande École. Cette déclaration résume la philosophie revendiquée par l’établissement : substituer à la logique d’ouverture abstraite une pédagogie de l’exposition au réel.
Former à l’intelligence artificielle sans effacer l’humain
Le troisième axe, sans doute le plus structurant dans le contexte actuel, concerne l’intelligence artificielle. TBS Education fait le pari qu’un programme de management ne peut plus traiter l’IA comme un simple outil additionnel. L’école affirme vouloir former non de simples utilisateurs, mais des diplômés capables de comprendre les mécanismes, les limites et les effets de ces technologies sur la décision, l’organisation et la création de valeur.
Dans cette perspective, elle met en avant une collaboration présentée comme une première avec Wooclap et Mistral AI. L’objectif est d’articuler apprentissage en temps réel et réflexion approfondie, en libérant du temps machine au profit du temps humain. L’idée n’est donc pas seulement de gagner en efficacité, mais de réallouer l’attention vers l’analyse, le discernement et la prise de recul.
Bon à savoir
Les étudiants sont initiés dès la troisième année à une lecture critique des outils, notamment à travers un séminaire d’entrepreneuriat revisité à l’ère de l’intelligence artificielle. Une semaine thématique, baptisée « AI, Creativity & Humanity », vient compléter le dispositif. Elle explore les liens entre technologie, créativité et esprit critique, trois dimensions que l’école juge désormais indissociables dans la formation de futurs managers.
Que retenir des annonces de TBS Education pour la rentrée 2026 ?
« Notre objectif est de préparer les étudiants à collaborer efficacement avec l’IA, tout en développant leur intelligence incarnée, physique, émotionnelle et cognitive, pour des décisions robustes, adaptatives et éthiques. Nos diplômés seront capables de combiner technologie et humanité pour relever les défis complexes de demain », explique Anne Rivière, directrice de la formation initiale de TBS Education. Cette approche donne au PGE une orientation plus large qu’une simple montée en compétence technique. Elle traduit une volonté de redéfinir la valeur ajoutée des diplômés au moment même où l’automatisation gagne du terrain.
En toile de fond, TBS Education réaffirme enfin sa confiance dans le Programme Grande École comme modèle. Adossé au continuum des classes préparatoires, enrichi par l’alternance et par des parcours modulables, le PGE est présenté comme le cadre le plus à même de conjuguer exigence académique, employabilité et ouverture sociale. Dans un contexte de contraction démographique, l’école entend renforcer l’attractivité de ses campus de Toulouse, Paris, Barcelone et Casablanca pour capter davantage de talents internationaux, tout en assumant une montée en sélectivité. L’ambition affichée est nette : faire émerger une « école-monde », capable de former des décideurs aptes à naviguer dans un environnement traversé par l’incertitude.
Bon à savoir
En 2026, L’Express Education publie pour la toute première fois un classement des écoles de commerce inédit construit sur l’avis des Dirigeants.












