Créer son entreprise tout en poursuivant ses études, c’est possible et de plus en plus fréquent. Les écoles accompagnent ces projets à travers divers dispositifs. Présentation.
Parallèlement à leurs cours, de plus en plus d’étudiants en France se lancent dans l’aventure entrepreneuriale. Depuis la création du Statut National d’Étudiant-Entrepreneur (SNEE) en 2014, près de 40 000 jeunes ont pu bénéficier d’un accompagnement. Ce statut, délivré via le réseau des 33 Pépite (Pôles Étudiants pour l’Innovation, le Transfert et l’Entrepreneuriat), leur offre ressources, mentorat et accès à des espaces collaboratifs tout en gardant leur statut d’étudiant.
Angélique Carreno en fait partie. « J’ai raté de peu ma première année de médecine. J’ai poursuivi en LAS 2 Psycho pour retenter le concours mais je n’arrivais plus à m’intéresser à ce que je faisais », confie-t-elle. Un projet trotte dans sa tête : créer une application, inspirée des réseaux sociaux et des applications de rencontre, pour promouvoir les livres.
Bien s’entourer pour construire son projet entrepreneurial
En l’espace d’une semaine, elle est accompagnée par Pépite, puis par d’autres incubateurs (le Damier pour les projets culturels et Busi pour les projets technologiques) et maintenant par le Village du Crédit Agricole, un accélérateur. En neuf mois, elle imagine l’application, structure un modèle économique, construit une communauté. « Ma première vidéo a fait 300 000 vues et j’ai commencé à créer un vrai écosystème autour de Booklink.
Ensuite, il y a eu une campagne de crowdfunding où j’ai récolté 8 500 €, puis des articles dans la presse, des concours, des subventions… tout un effet boule de neige », se souvient-elle. Elle lance finalement l’application en juin 2024 tout en poursuivant à distance sa licence de psychologie et désormais un master Technologie & Innovation. Aujourd’hui, Booklink compte 30 000 téléchargements, 20 000 abonnés sur les réseaux, une stagiaire et deux développeurs freelance. Pour Angélique, cette double casquette d’étudiante-entrepreneure : « C’est intense, mais c’est surtout une chance ».
Avancer à son rythme
Le projet de Martin Meilland, étudiant à l’ENTPE (École Nationale des travaux publics de l’État, Ndlr), lui n’est pas encore sur le marché. Mais en coulisses, l’étudiant ingénieur travaille sur Suspendea, une solution de mur végétal innovant pour aider les villes à s’adapter au changement climatique. Depuis quelques mois, grâce à l’école, un camarade s’est associé à lui. Ils viennent d’obtenir le SNEE et d’intégrer officiellement le Centre d’Entrepreneuriat Lyon-Saint-Etienne. Celui-ci va les accompagner via des formations en ligne et des événements ponctuels en présentiel. « On n’a plus de mentor attitré, on travaille en autonomie et on sollicite régulièrement notre réseau spécialiste de l’innovation verte. On participe à beaucoup d’événements grâce au centre et à notre école.
Dernièrement, on a été invités au Meetup de la Green Tech à Paris », explique-t-il. L’entreprise n’est pas encore créée, le projet avance à son rythme. « Comme on travaille avec des plantes, tout se fait sur des temporalités plus longues que dans le numérique. Il n’y a pas de pression, pas de deadlines imposées… Si j’ai des partiels, je peux mettre la start-up en pause une semaine ou deux », apprécie Martin.
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Étudiants-entrepreneurs : un accompagnement sur-mesure
Pour mener de front études et projet entrepreneurial, Bruno Barthas, responsable Entrepreneuriat et Innovation à ESIEE-IT, insiste sur l’importance d’une bonne organisation : « Ce n’est pas du talent, mais de la discipline. Le plus difficile, c’est d’installer une routine », glisse-t-il.
Les étudiants qu’il accompagne suivent un parcours structuré autour de la désirabilité de leur projet, sa faisabilité, sa viabilité, mais aussi son impact écologique. Les étudiants ont accès à des espaces de coworking, des MOOC, des salons comme VivaTech ou ChangeNow, ou encore la possibilité de valider des crédits ECTS via leur engagement entrepreneurial. Bruno Barthas a également instauré un coaching mensuel obligatoire pour fixer des objectifs à court et moyen terme et garder le cap.
En dix mois, le nombre d’étudiants-entrepreneurs accompagnés est passé de 5 à 28. L’école est désormais l’établissement qui compte le plus d’étudiants entrepreneurs au sein de la CCI de Paris. « Les candidatures explosent, mais maintenant commence la partie la plus exigeante : transformer ces 28 projets en autant de réussites », indique-t-il.
Des parcours de formations variés
François Kersuzan, responsable de l’incubateur de l’ESSCA, tient le même discours : « Nous ne sommes pas là pour lancer 40 entreprises par an qui vont se planter au bout de six mois. Si l’étudiant n’est pas prêt, on ne le pousse pas ».
Ici, le dispositif de l’école pour accompagner les étudiants-entrepreneurs comprend un Master entreprise, un parcours « engagement » avec aménagements de présence en cours, un semestre entrepreneurial (en 4e ou 5e année, à la place du stage, les étudiants travaillent sur leur entreprise), et un incubateur. Celui-ci, situé sur le campus parisien, accueille une quarantaine d’étudiants, d’alumni et personnes externes pour favoriser l’entraide. Toutes les trois semaines, ils suivent des ateliers sur des sujets variés (statuts juridiques, écosystème de la levée de fonds, prise de parole en public…). « Il y a une nette augmentation des étudiants qui ont envie de créer leur entreprise. Une fois qu’ils ont pris goût à cette indépendance, c’est difficile de repartir en arrière », constate le responsable.
En attendant, ces dispositifs, exigeants mais riches en apprentissage, encouragent les jeunes à tester leurs idées sans sacrifier leur formation.
NOTRE RÉSUMÉ EN
5 points clés
PAR L'EXPRESS CONNECT IA
(VÉRIFIÉ PAR NOTRE RÉDACTION)
Voici un résumé en cinq points clés de l’article sur le sujet : Comment les campus accompagnent les étudiants-entrepreneurs ?
Un phénomène en forte croissance
Depuis la création du Statut National d’Étudiant-Entrepreneur (SNEE) en 2014, près de 40 000 étudiants ont été accompagnés par les réseaux Pépite, confirmant l’essor de l’entrepreneuriat étudiant en France.
Des dispositifs d’accompagnement structurés
Incubateurs, accélérateurs, mentorat, coworking et MOOC permettent aux étudiants de développer leur projet tout en poursuivant leurs études, avec un statut officiel et un cadre sécurisé.
Des parcours inspirants et concrets
Des projets comme Booklink (application dédiée à la lecture) ou Suspendea (mur végétal innovant) montrent qu’il est possible de construire une start-up viable sans abandonner ses études.
Une organisation rigoureuse comme clé du succès
La réussite repose moins sur le talent que sur la discipline, la routine et le coaching, avec des objectifs réguliers et un suivi personnalisé pour éviter l’éparpillement.
Des écoles de plus en plus engagées
Les établissements développent des parcours sur-mesure (ECTS, semestres entrepreneuriaux, aménagements de cours, incubateurs) pour favoriser l’esprit d’initiative sans compromettre la réussite académique.













