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Jobs d’été étudiant : l’école discrète des futurs patrons

6 Min. de lecture
Les jobs d'étés sont l'école de la vie.

Avant de gravir les échelons, il faut parfois commencer par vendre des glaces. Chirac, Sarkozy, Obama : même les futurs présidents n’ont pas échappé aux petits boulots d’été. D’autres ont déchargé des camions, lavé des voitures ou vendu des bijoux sur les marchés. Arnaud de Puyfontaine, président du directoire de Vivendi, et Pauline Laigneau, fondatrice de la marque de joaillerie Gemmyo, racontent ces étés qui forgent une trajectoire.


« Dès l’âge de 15 ans, j’ai fait des petits jobs pour financer mes vacances », se souvient Arnaud de Puyfontaine. Plus tard, entre deux années de prépa, il enchaîne avec des jobs d’été plus officiels au département commercial de Pernod Ricard, où il découvre la grande distribution, puis chez Paribas au back office administratif, ou encore la direction financière de Dassault Systèmes. « J’avais cette double satisfaction de gagner un peu d’argent et de découvrir le monde de l’entreprise. »

Pauline Laigneau, elle, démarre encore plus jeune : lavage de voiture, aide en cuisine, services rendus aux voisins… Vers 16 ans, une amie qui vend des bijoux dans une boutique de village lui donne l’idée d’en fabriquer elle-même. Rapidement, elle transforme son été en une petite entreprise artisanale : « J’étais en rupture de stock ! C’était rigolo comme business adolescent, mais je n’ai pas du tout passé l’été à m’amuser avec mes amis », sourit aujourd’hui la fondatrice de Gemmyo. Loin des après-midis oisifs, elle passe des heures à enfiler des perles. Un labeur qu’elle n’a jamais regretté, et qui vient de poser, inconsciemment, les bases de ce qui deviendra son métier : « J’en garde un très bon souvenir, parce que j’étais assez fière d’avoir réussi à faire quelque chose de mes mains. Et ça m’a permis d’avoir pas mal d’argent de poche. Je me souviens m’être acheté une jolie robe à la fin de l’été. »

Ce goût du travail bien fait, allié à la satisfaction de se débrouiller seule, laisseront une empreinte durable chez nos deux chefs d’entreprise : « Peu importe la nature du job, valorisant ou non : toute forme d’expérience fait grandir et donne une discipline du travail », souligne Arnaud de Puyfontaine.

Ces jobs d’été ont un autre mérite : ils aiguisent la connaissance de soi. « Cela permet de savoir ce que l’on aime, ce que l’on refuse, et de s’orienter avec plus de justesse ensuite », analyse Pauline Laigneau. Après avoir donné des cours pendant ses études à Normale Sup, passé l’agrégation, elle sait qu’elle ne veut ni enseigner ni faire de la recherche. Elle bifurque : une école de commerce, HEC, puis l’entrepreneuriat

Arnaud de Puyfontaine abonde : lorsqu’il intègre l’ESCP Business School, il se dit qu’il serait dommage de se limiter aux bancs de l’école. Il décroche alors un poste au Figaro pour créer le programme Grandes Écoles et Universités. « J’allais en cours la journée et je travaillais à la rédaction en fin d’après-midi et le soir », raconte-t-il. Il y restera entre 1985 et 1988, jusqu’à la fin de ses études. Après un passage chez Arthur Andersen, puis une coopération dans l’industrie pharmaceutique, il choisira finalement de revenir au Figaro. Un signe : ces premières expériences tracent souvent des chemins plus durables qu’il n’y paraît.

Mais ces expériences sont aussi des ancrages : elles forgent l’humilité et empêchent de perdre de vue « ce qu’est la réalité du travail », souligne le président du directoire de Vivendi, même aux postes les plus élevés. Lui qui a dirigé de grands groupes internationaux et intégré les meilleures écoles n’a jamais oublié ses étés laborieux : « Le diplôme est une boîte à outils. Mais ce qui compte, c’est la façon dont on utilise cette boîte. » 

GRAND ANGLE

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« Le mot vente est encore mal perçu en France, comme une activité sale ou humiliante. Pourtant, c’est un métier d’écoute et de service », déplore Pauline Laigneau. Pour la cheffe d’entreprise, ces premiers pas d’adolescente dans la vente directe lui ont appris à comprendre les besoins d’un client et à y répondre concrètement — des réflexes devenus centraux dans la stratégie de sa marque de joaillerie Gemmyo, vendue sans intermédiaire.

Elle confesse même retourner régulièrement en boutique pour garder un pied dans la réalité du terrain : « Cela rend humble. On comprend ce que vit une équipe en contact direct avec le public. »

Arnaud de Puyfontaine partage cet attachement au réel : « Vous me dîtes que certaines écoles réimposent le stage ouvrier en première année ? C’est une excellente idée, et cela devrait être le cas dans toutes les formations supérieures pour savoir ce qu’est la vie sur le terrain : il n’y a pas de boulot laborieux ou noble, seulement des gens qui travaillent, et toute forme de travail mérite considération, sans hiérarchie. » Il raconte ainsi avoir été marqué, lors d’un recrutement récent, par un jeune diplômé d’emlyon qui avait effectué une année de césure en tant qu’officier d’un an dans la Marine. « Face à des candidats bardés de diplômes, c’est sa personnalité, forgée par ses expériences, qui a fait la différence. »

« Prenez ce que vous pouvez apprendre. On préférera toujours quelqu’un qui a de multiples expériences, qu’elles soient ingrates ou non, car cela dit beaucoup de choses de la façon qu’on a de se confronter à la réalité de la vie.», résume Arnaud de Puyfontaine.

Pauline Laigneau, elle, insiste : « Gagner son premier euro, même pour laver des voitures, cela crée une relation saine à l’argent et à l’effort. » Car avant de gravir les sommets, il faut savoir mouiller le maillot. 


(vérifié par notre rédaction)

Voici un résumé en cinq points clés de l’article sur le sujet : Jobs d’été, l’école discrète des futurs patrons.

Une école de la débrouillardise et de l’autonomie : Dès l’adolescence, Arnaud de Puyfontaine et Pauline Laigneau ont multiplié les petits boulots — lavage de voiture, vente, stages en entreprise — qui leur ont appris à se débrouiller seuls, gagner leur propre argent et découvrir le monde du travail.

Des expériences qui orientent les parcours professionnels : Ces jobs estivaux aident à mieux se connaître, à identifier ses aspirations et à affiner son orientation professionnelle. Pauline Laigneau quitte ainsi la recherche pour l’entrepreneuriat après avoir testé plusieurs voies.

Le travail de terrain forge l’humilité : Même une fois au sommet, les expériences de terrain laissent une empreinte durable. Elles rappellent aux dirigeants la réalité du travail et inculquent une discipline précieuse. Le diplôme compte, mais c’est l’usage qu’on en fait qui fait la différence.

La vente, un métier fondateur et souvent sous-estimé : Mal perçue en France, la vente est pourtant un excellent apprentissage du contact humain et du service. Pauline Laigneau en a tiré les réflexes clés de sa stratégie de marque, et continue d’y revenir pour rester connectée à ses clients.

Une diversité d’expériences, un atout majeur : Qu’il s’agisse de décharger des camions ou de commander un navire, toute expérience, même ingrate, révèle des qualités humaines précieuses. Les recruteurs y sont de plus en plus sensibles, préférant des profils forgés par la réalité à ceux uniquement diplômés.

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