Trois lettres les séparent, et pourtant le MS et le MSc n’ont ni le même niveau ni le même public. Leur air de famille n’a rien d’un hasard, puisque les deux sont des labels de la Conférence des grandes écoles. Mais l’un se prépare juste après une licence, quand l’autre suppose déjà un bac+5 en poche. Tout dépend donc du moment où vous vous lancez.
MS et MSc, deux labels de la même famille
Avant de voir ce qui oppose MS et MSc, il faut comprendre ce qui les rapproche, car les points communs sont plutôt nombreux. Le mastère spécialisé, ou MS, et le master of science, ou MSc, sont deux labels déposés par la Conférence des grandes écoles. Aucun des deux n’est un diplôme national de master. Ce sont des diplômes d’établissement, délivrés par des écoles membres de la conférence et accrédités pour un programme donné.
Leur pédagogie se ressemble également. Dans les deux cas, la formation associe des enseignements, une mission en entreprise d’au moins quatre mois et un mémoire soutenu devant un jury. Toutes deux sont payantes, avec des frais fixés par l’école, et toutes deux visent une professionnalisation rapide. La confusion vient donc d’une vraie parenté. Ce sont les différences de niveau, de public et d’orientation qui font ensuite diverger les deux voies.
MS et MSc : une question de niveau et de moment
Le MSc se situe au niveau bac+5 et s’adresse à des étudiants qui l’intègrent tôt, dès un bac+3 comme une licence ou un bachelor, ou après un bac+4. Il s’inscrit donc dans la continuité des études, avant l’entrée durable sur le marché du travail.
Le mastère spécialisé se place un cran plus haut, au niveau bac+6. Il suppose d’avoir déjà validé un bac+5, qu’il s’agisse d’un master 2, d’un diplôme d’ingénieur ou d’un titre équivalent. Une seconde voie existe pour les titulaires d’un bac+4 justifiant d’au moins trois années d’expérience professionnelle. Le MS intervient ainsi après un premier cycle long achevé, là où le MSc se glisse plus tôt dans le parcours.
Deux publics différents
Cette différence de niveau dessine deux profils de candidats. Le MSc attire de jeunes diplômés, souvent sans expérience professionnelle, et une part importante d’étudiants étrangers venus se former en France. Ses promotions sont fréquemment multiculturelles, ce qui nourrit sa dimension internationale.
Le mastère spécialisé s’adresse à des profils déjà plus avancés, titulaires d’un diplôme de niveau bac+5 ou justifiant d’une expérience solide. On y vient pour se spécialiser après un premier diplôme exigeant, parfois pour acquérir une double compétence, comme un ingénieur qui ajoute une expertise en finance ou en management.
À lire aussi
Le MSc plus international, le MS plus spécialisé
L’orientation des deux labels n’est pas la même. Le MSc a été pensé pour l’international. Un programme labellisé dispense au moins la moitié de ses cours dans une langue étrangère, le plus souvent l’anglais, et prépare à des carrières qui dépassent les frontières. C’est sa signature.
Le mastère spécialisé mise davantage sur la profondeur de l’expertise. Il approfondit un domaine précis pour en faire un point fort sur le marché du travail, dans une logique de spécialisation de haut niveau après un bac+5. L’un ouvre donc sur l’international dès la sortie des études, l’autre affine un profil déjà constitué.
Combien de crédits, de temps et à quel prix ?
Les deux formats se distinguent aussi sur la durée et les crédits. Le MSc dure de un à deux ans et confère de 90 à 150 crédits ECTS selon le format et le niveau d’entrée. Le mastère spécialisé est plus court, en général une année, et représente 75 crédits ECTS, puisqu’il vient compléter un cursus déjà validé.
Sur le plan financier, les deux formations sont payantes et souvent onéreuses, avec des frais qui se comptent en milliers d’euros et varient fortement d’une école à l’autre. L’alternance, la formation continue ou un financement par l’employeur peuvent, dans certains cas, en réduire le poids.
À lire aussi
MS ou MSc : lequel choisir selon votre parcours ?
Le choix se joue moins sur une préférence que sur votre position dans le cursus. Si vous sortez d’une licence ou d’un bachelor et que vous visez une spécialisation à dimension internationale, le MSc correspond à ce moment du parcours. Si vous avez déjà un bac+5 en poche, ou un bac+4 assorti d’expérience, et que vous cherchez à vous spécialiser ou à ajouter une compétence, le mastère spécialisé est taillé pour cette étape. Dans les deux cas, il reste utile de vérifier que le programme détient bien le label de la Conférence des grandes écoles.
| Critère | Mastère spécialisé (MS) | MSc (Master of Science) |
|---|---|---|
| Label | Conférence des grandes écoles | Conférence des grandes écoles |
| Nature | Diplôme d’établissement labellisé, non national | Diplôme d’établissement labellisé, non national |
| Niveau | Bac+6 | Bac+5 |
| Niveau d’entrée | Bac+5 validé, ou bac+4 avec au moins 3 ans d’expérience | Bac+3 ou bac+4 |
| Public | Diplômés déjà avancés, parfois en activité | Jeunes diplômés, forte proportion d’étudiants étrangers |
| Orientation | Spécialisation ou double compétence de haut niveau | Internationale, au moins 50 % des cours en langue étrangère |
| Durée | Un an | Un à deux ans |
| Crédits ECTS | 75 | 90 à 150 |
| Pédagogie commune | Enseignements, mission en entreprise (4 mois minimum) et mémoire | Enseignements, mission en entreprise (4 mois minimum) et mémoire |
| Coût | Plusieurs milliers d’euros | Plusieurs milliers d’euros |
Ni l’un ni l’autre n’est un diplôme national de master. Ce sont des diplômes d’établissement labellisés par la Conférence des grandes écoles, dont la valeur repose sur ce label et sur la réputation de l’école. Il est recommandé de vérifier la présence du label avant de s’inscrire.
Dans la plupart des cas, oui. Le mastère spécialisé s’adresse aux titulaires d’un diplôme de niveau bac+5. Une voie d’accès existe toutefois pour les personnes ayant un bac+4 et au moins trois ans d’expérience professionnelle.
Oui. Le MSc s’intègre dès un niveau bac+3, comme une licence ou un bachelor, ou après un bac+4. Aucune expérience professionnelle n’est requise, ce qui en fait une voie de spécialisation adaptée aux jeunes diplômés.
C’est possible, puisque le MSc valide un niveau bac+5 qui ouvre l’accès au mastère spécialisé. Un tel enchaînement n’a toutefois d’intérêt que si les deux formations répondent à un projet cohérent, par exemple une première spécialisation internationale suivie d’une expertise plus pointue.















