Les bourses sur critères sociaux du Crous seront indexées sur l’inflation à partir de la rentrée 2027. Le ministre de l’Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, l’a annoncé lors d’une conférence de presse le lundi 26 octobre, aux côtés du ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray. Cette annonce intervient après plus d’un mois de mobilisation des lycéens et des étudiants. Les barèmes d’accès à la bourse suivront aussi l’inflation, ce qui permettra d’éviter que des étudiants perdent leur bourse. L’Insee estime l’inflation à 3,4 % sur un an en octobre 2026, selon son estimation provisoire du 30 octobre.
« La bourse était la seule aide qui n’était pas indexée sur l’inflation », a expliqué Philippe Baptiste. Le coût de la mesure est estimé à 37 millions d’euros dans le budget 2027, puis 121 millions en 2028 et 220 millions en 2029.
Leurs organisations demandent au gouvernement d’améliorer les conditions d’études et de vie, avec des revendications communes et d’autres propres à chaque mouvement.
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Une mesure annoncée qui attend d’être votée
Pour l’instant, la mesure n’existe que sous la forme d’un amendement, qui doit être déposé dans le projet de loi de finances, actuellement discuté au Parlement. À noter qu’en juin dernier, les députés s’étaient déjà prononcés en faveur d’une proposition de loi portée par Soumya Bourouaha du groupe GDR (Gauche démocrate et républicaine).
Dans les jours à venir, le ministre a aussi appelé à participer au « dialogue social », à mener conjointement avec les organisations syndicales étudiantes, les présidents d’universités et chefs d’établissements privés.
Le gouvernement a aussi annoncé un milliard d’euros d’ici 2029 pour rénover ou reconstruire des sites universitaires, dont 200 millions engagés dès 2027. Une mesure qui attend également confirmation auprès des parlementaires qui négocieront et voteront le PLF.
Des syndicats étudiants jugent la mesure insuffisante
La mesure n’a pas fait l’unanimité auprès des syndicats étudiants. L’Union étudiante juge la mesure positive, mais insuffisante, et demande un rattrapage de la désindexation depuis 2012.
L’indexation des bourses sur l’inflation concerne non seulement le versement de l’aide aux étudiants, mais aussi les barèmes d’accès. Les syndicats estiment qu’elle évitera de perdre des boursiers, mais ne permettra pas d’en gagner. Selon une note du ministère de l’Enseignement supérieur publiée en octobre 2026, 656 000 étudiants ont perçu une bourse en 2025-2026, soit 5 600 de moins qu’en 2024-2025.
Une diminution qui s’explique en partie par l’absence de revalorisation des barèmes d’attribution des bourses et en parallèle, par la hausse des salaires familiaux qui, eux évoluant avec la courbe d’inflation, privaient certains étudiants de leur statut de boursier.
Pour plusieurs organisations étudiantes, l’enjeu réside dans le nombre de boursiers : « ce que nous revendiquons c’est bien une hausse de 200 € et une augmentation du nombre de boursièr(e)s », martèle le syndicat, qui juge les annonces gouvernementales insuffisantes, tandis que l’Unef demande 300 000 boursiers supplémentaires.
Réformer le système boursier
Les syndicats étudiants veulent aller plus loin. Notamment en prônant la territorialisation des bourses qui prendrait en compte les disparités régionales sur le coût de la vie. En août dernier, l’Unef publiait son classement annuel des villes les plus chères pour les étudiants, avec en tête l’indétrônable Paris, suivi de Créteil et Saint-Denis. Pour vivre à Nice, en quatrième position et première ville hors Île-de-France, les frais s’élèvent à 1 415 € par mois. En comparaison, habiter à Limoges représenterait 340 euros mensuels de dépenses en moins, ce qui en fait la ville la plus accessible pour les étudiants en 2026.
La Fage demandait aussi, dès 2022, un changement de paradigme dans le système entier de la bourse, afin que son attribution ne repose plus sur le revenu perçu des parents, mais sur « la situation financière réelle des étudiants et étudiantes », bien souvent en-deçà du seuil de pauvreté.
Les organisations de jeunesse comptent peser sur la discussion du budget 2027. Une grève interprofessionnelle est prévue le jeudi 5 novembre, appelée par l’intersyndicale (CFDT, CGT, FO, Unsa et FSU) pour les salaires, les pensions et les services publics.














