Voilà plus d’un mois que les lycéens de France descendent dans les rues pour demander de meilleures conditions d’éducation. Résonnant dans l’Hexagone depuis le 23 septembre dernier, le mouvement a pris de l’ampleur et a depuis dépassé les frontières des lycéens, en laissant leurs revendications au second plan.
Quelle est la situation des lycéens d’Outre-mer ?
Souvent oubliés, les élèves de Mayotte et de Guyane ont pourtant appelé à la mobilisation dès cet été, au mois d’août. Des professeurs absents, des classes surchargées et des bâtiments vieillissants, parfois insalubres, cristallisent la colère des lycéens. Ces difficultés, partagées par de nombreux établissements métropolitains, s’aggravent dans les territoires ultramarins en raison des spécificités géographiques. Rien que sur la question du transport scolaire, en Guyane, 9 000 élèves se rendent à l’école en pirogue. Mais les difficultés relatives au statut de navigabilité des cours d’eau bloquent et rallongent parfois le trajet pour les jeunes contraints de se lever à des heures très matinales.
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D’où est parti le mouvement lycéen dans l’Hexagone ?
Dans l’Hexagone, les mobilisations lycéennes ont commencé au lycée Saint-Exupéry, à Créteil vendredi 18 septembre, avant de s’étendre au territoire francilien puis, au fil des jours, à la France entière. Nicolas Boucaud-Bialchuk, élève de terminale en Loire-Atlantique, résumait ainsi la situation : « Nos revendications sont nombreuses, résultat de décennies de déni de la part des autorités, d’une politique d’abandon systématique de la discussion et de fragilisation de la relation qui unissait professeurs, élèves et leur administration », dans une tribune publiée au Monde. Insatisfait des réponses gouvernementales, le mouvement ne s’est pas essoufflé et les syndicats lycéens ont déjà annoncé sa poursuite après les vacances de la Toussaint.
Que demandent concrètement les lycéens mobilisés ?
Né à la seule initiative de lycéens auto-organisés, ce mouvement d’ampleur porte plusieurs revendications. L’Union syndicale lycéenne, issue de la fusion en 2023 de huit fédérations, a partagé dans un communiqué le 3 octobre dernier les demandes concrètes adressées au gouvernement. Autant investis sur la question des professionnels que du matériel, les lycéens exigent un montant de 10 milliards d’euros pour financer leurs mesures d’urgence.
Ils souhaitent un « plan d’embauche massif des professeurs, […] d’infirmières et de psychologues scolaires, couplé d’un statut spécial pour les AESH (Accompagnants d’élèves en situation de handicap) ». En septembre 2026, plus de la moitié des collèges et lycées publics manquaient de professeurs, dénonce une enquête du syndicat SNES-FSU, premier syndicat des enseignements du second degré en France.
Également inquiets de leurs conditions d’apprentissage, les élèves mobilisés dans la rue réclament la création d’un « plan d’urgence pour le bâti » pour résoudre en priorité le problème des toits et des murs qui tombent en ruine et celui de la température des salles de classe, étouffante en été et glaciale en hiver.
Qu‘est-il reproché à Parcoursup ?
La contestation cible le fonctionnement jugé opaque des commissions d’examen des vœux. Adoptée en janvier 2018 à la suite de la loi relative à l’orientation et à la réussite des étudiants, la plateforme met en relation les futurs bacheliers avec des établissements d’enseignement supérieur, publics comme privés. Derrière sa création se cache un homme : Jérôme Teillard, chef de projet Parcoursup au ministère. Avec ce projet, il voulait un outil centralisant des milliers de formations disponibles sur le territoire, dans un moteur de recherche par mots-clés, zone géographique ou type d’études. Aujourd’hui, elles sont plus de 25 000 recensées sur la plateforme pour l’année prochaine.
Trop stressant, calendrier étendu, démarches administratives denses, etc. Parcoursup a son lot de critiques de la part des lycéens, futurs étudiants. Mais la source de tous les conflits vient de sa procédure jugeant « trop opaque les modalités de classement », a pointé en 2023 un rapport sénatorial. Un sentiment partagé par la Cour des comptes qui, en 2020, conseillait de rendre publics les « algorithmes locaux », autrement dit les critères de sélection de chaque formation. De leur côté, les lycéens, confrontés à une sélection déterminante pour leur avenir professionnel, dénoncent le manque croissant de places dans l’enseignement supérieur.
Aujourd’hui, ce mouvement grandit de jour en jour et prend des proportions qui dépassent celles des lycéens rejoints très rapidement par les étudiants. D’anciens « gilets jaunes » ont depuis appelé à rejoindre la mobilisation pour dénoncer une dégradation des conditions de vie et du pouvoir d’achat.
Bon à savoir
Les premières mobilisations ont débuté dès le mois d’août en Outre-mer, avant de s’étendre à la métropole à partir du 23 septembre 2026.
Les revendications portent sur l’amélioration des conditions d’enseignement, la rénovation des bâtiments scolaires, la baisse du nombre d’élèves par classe et une meilleure transparence des critères de sélection de Parcoursup.
La plateforme recense plus de 25 000 formations publiques et privées accessibles aux futurs bacheliers pour la rentrée 2027.














