Il y a des annonces qui se contentent d’un communiqué, et d’autres qui préfèrent une scène. À Angers, l’ESA a choisi la sienne, sa Leçon inaugurale du 1er octobre, pour dévoiler la naissance de sa Chaire Climat x Eau. Le projet part d’un constat simple, le changement climatique et la gestion de l’eau ne sont plus des sujets à part pour les agricultures du Grand Ouest, ils en dessinent déjà l’avenir. Autour de cette chaire, l’ESA veut donc réunir ceux qui vivent ces bouleversements au quotidien, ses étudiants bien sûr, mais aussi les professionnels des filières agricoles et les collectivités du territoire.
Bon à savoir
Une chaire pour croiser les expertises sur le climat et l’eau
Le climat et l’eau ne sont pas des sujets nouveaux pour l’ESA, mais ils restaient jusqu’ici dispersés entre plusieurs équipes et plusieurs programmes. En les réunissant sous une même chaire, l’école cherche moins à créer une nouvelle discipline qu’à faire circuler ce qui existait déjà, en misant sur une méthode simple, vulgariser la recherche plutôt que la garder entre chercheurs et la faire voyager d’un département à l’autre plutôt que de la laisser dormir dans un seul.
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Quatre axes pour mettre la recherche au service des agricultures du territoire
Cette ambition se décline en quatre axes, pensés comme les étapes d’un même mouvement plutôt que comme des cases à cocher séparément. Tout commence dans les salles de cours, où des contenus pédagogiques et des études de cas issus de la recherche viendront irriguer les formations initiales, avec une approche volontairement transversale aux départements. Le mouvement se poursuit hors les murs, avec une offre de formation continue courte, pensée pour les professionnels des filières agricoles et les collectivités, construite avec Competens Agro. Vient ensuite l’idée de mettre les gens en présence les uns des autres, à travers des temps forts qui réunissent plusieurs programmes et plusieurs départements autour des mêmes questions. Le dernier axe, enfin, vise à faire de cette chaire un point d’appui pour de nouveaux partenariats et pour le rayonnement de l’école bien au-delà de ses propres murs.
David Croissant et Antoine Casquin à la coanimation de la chaire
Pour la mener, l’ESA a choisi de miser sur la complémentarité plutôt que sur une seule voix. David Croissant, enseignant en techniques horticoles et responsable du département Environnement Végétal et Cadre de Vie, apporte à la chaire son regard sur la durabilité des systèmes de production, les sols agricoles et l’irrigation, autant de sujets qu’il connaît par la pratique autant que par l’enseignement.
À ses côtés, Antoine Casquin, enseignant-chercheur en sciences de l’environnement et de l’agronomie et membre de l’UMR BAGAP, apporte une lecture plus scientifique, celle de l’écologie du paysage et des transferts hydriques de nutriments en milieu agricole. À deux, ils doivent faire tenir ensemble ce que la chaire promet, transmettre, chercher, mettre en perspective, et redescendre vers ceux à qui ces savoirs sont destinés.
Une première année de déploiement financée par mécénat
La première année ne s’annonce pas comme une simple mise en route administrative. L’ESA prévoit déjà de produire ses premiers contenus pédagogiques, de lancer des études liées à ses programmes, et d’organiser, chaque semestre, un temps fort collectif où étudiants, professionnels et collectivités pourront se croiser autour des mêmes enjeux.
Reste un choix qui n’a rien d’anodin, celui de son financement, assuré exclusivement par du mécénat privé, via le Campus des Agricultures, plutôt que par des fonds publics ou des frais facturés aux publics visés.
En savoir plus sur l’ESA
Fondée en 1898, l’ESA forme aujourd’hui 3200 étudiants par an, entre son campus historique d’Angers et son implantation de Guyancourt, aux portes de Paris. L’école couvre tous les niveaux de l’enseignement supérieur, du bac au diplôme d’ingénieur et au doctorat, avec des formations accessibles à temps plein, en alternance, à distance ou par validation des acquis de l’expérience, une diversité de parcours qui doit justement permettre à la nouvelle chaire de toucher des publics aussi différents que ses étudiants, ses professionnels et ses collectivités partenaires.















