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Se former, un impératif pour sa carrière mais les employeurs trainent des pieds

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Une femme utilise un ordinateur.

Sur le papier tout le monde semble d’accord pour dire que la formation professionnelle n’est plus une option mais un impératif pour rester employable. Or, selon un récent baromètre commandé par le groupe éducatif IGENSIA, sur le terrain, la formation ne fait pas partie des priorités des employeurs. Dommage, car c’est pourtant un réel facteur d’attractivité et de rétention des talents. Explications. 


Une quasi-unanimité en faveur de la formation professionnelle ! Selon le baromètre IGENSIA x IFOP « Formation, reconversion et emploi : comment renouer le dialogue entre attentes des Français et besoins des entreprises »*, 9 actifs sur 10 considèrent que se former est nécessaire pour s’enrichir professionnellement et personnellement. Or, dans les faits, chaque semaine, 40 % des actifs ne consacrent aucun temps à l’apprentissage. Et ceux qui mettent les mains dans le cambouis (60 %) donc, n’y passent que 1,7 heure par semaine. « Ce n’est finalement pas si mal vues les journées de travail bien remplies mais peu, au regard des évolutions et des mutations des emplois », souligne Chloé Tegny, cheffe de groupe du département Opinion de l’IFOP. Un faible volume horaire peut-être à tempérer car de nombreux salariés n’attendent pas leur employeur pour se former et piochent dans la multitude de ressources en ligne, pour améliorer leur maitrise des « soft skills ». 

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actifs considèrent que se former est nécessaire pour s’enrichir professionnellement et personnellement.

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On vient de le voir, les Français pensent qu’il est impératif de se former mais dans les faits, très peu passent à l’action. L’une des explications de ce paradoxe est peut-être à chercher du côté des entreprises. 40 % d’entre elles reconnaissent que leur politique de formation n’est pas assez développée à cause de contraintes budgétaires. Ce que confirment les salariés puisque près de la moitié d’entre eux a le sentiment de ne pas avoir été bien accompagnée par son employeur pour se former, évoluer dans sa carrière ou se reconvertir.

Ce qui n’est pas sans poser problème car un bon plan de gestion des compétences est un critère essentiel d’attractivité d’une entreprise pour près de la moitié des actifs (47 %) et pour deux tiers des étudiants. Un sentiment partagé par 6 employeurs sur 10 qui estiment également que la stratégie de formation est dorénavant aussi un critère essentiel de rétention des collaborateurs. « Un enjeu d’autant plus crucial qu’un employeur sur deux constate une baisse de l’implication et de l’engagement des candidats dans la durée », constate Nizarr Bourchada, directeur général adjoint en charge des partenariats entreprise, de l’alternance et de l’insertion du Groupe IGENSIA Education. 

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employeurs estiment que la stratégie de formation est dorénavant un critère essentiel de rétention des collaborateurs.

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Pour expliquer leur « désinvestissement » dans leur stratégie de formation, plus d’un tiers des employeurs pointent du doigt le non alignement des formations disponibles sur le marché avec les besoins réels du terrain. Conséquence directe : 70 % des entreprises estiment que les jeunes collaborateurs ne sont donc pas suffisamment préparés aux réalités du monde professionnel. Du côté des actifs, même triste constat. Moins d’un sur deux considère que sa formation l’a bien préparé à la nécessité de faire évoluer ses compétences métiers, et la moitié juge ne pas avoir été suffisamment armé pour affronter les transitions du monde du travail.

Les formations peinent encore à intégrer la dimension opérationnelle et humaine du travail, laissant de nombreux diplômés entrer sur le marché sans se sentir pleinement préparés. De leur côté, les employeurs pallient ces lacunes en multipliant les dispositifs internes de montée en compétences, mais la frontière entre stratégie de recrutement et stratégie de formation reste floue. Mais pour Nizarr Bourchada, cette situation traduit un malentendu plus profond : « il faut cesser d’opposer compétences « métiers » et compétences « transversales ». Les métiers évoluent sans cesse, mais ce sont les soft skills comme la curiosité, la collaboration, la pensée critique ou encore la capacité d’adaptation qui permettent de traverser les mutations. Les savoir-faire techniques s’acquièrent ; les savoir-être, eux, forgent la capacité à durer ».

Les grandes transitions — technologiques, écologiques et sociétales — redéfinissent en profondeur les repères du monde du travail. Mais si ces mutations concernent tout le monde, leur perception varie fortement selon les publics. Pour environ un actif sur deux, ce sont ainsi l’intelligence artificielle et les évolutions sociales (égalité, diversité, inclusion…) qui influencent le plus leur parcours professionnel et leurs choix de carrière aujourd’hui. Un constat encore plus marqué chez les étudiants : 74 % d’entre eux estiment que la transformation numérique et l’IA auront un impact majeur sur leur avenir. Les employeurs, de leur côté, placent en tête de leurs préoccupations la transition écologique (42 %) et les bouleversements géopolitiques (39 %), qu’ils considèrent comme les principaux facteurs d’évolution de leur activité. « Si les visions divergent, le constat reste commun : seul un Français sur deux s’estime suffisamment armé pour faire face aux transformations liées à l’IA et à la transition écologique. Un sentiment de fragilité face à la mutation des compétences… mais aussi une envie croissante d’apprendre autrement. Plus d’un Français sur quatre se dit prêt à suivre une formation, non pas seulement pour des raisons professionnelles, mais pour nourrir une passion ou un projet personnel », analyse Élodie Lombardo, directrice d’IGENSIA Pro Académie.

Si la formation continue n’est plus une option c’est parce que les parcours professionnels ne sont plus linéaires. Aujourd’hui, 1 actif sur 4 déclare ainsi avoir vécu au moins une reconversion professionnelle complète. Et 60% au moins une transition pro ou académique. Dans le choix de leur formation initiale mais aussi sur les débouchés professionnels, les jeunes se déclarent mal informés. Bilan, ils se lancent dans la vie active sans trop savoir ce qui les attend. Et les désillusions sont nombreuses. D’où les réorientations plus ou moins précoces. Chaque année, le MEDEF estime que les erreurs d’orientation entraînent environ 2 à 3 milliards d’euros de dépenses publiques inefficaces et un retard moyen de 1 à 2 ans sur le marché du travail, avec des impacts indirects sur le chômage frictionnel, le sous-emploi, le surendettement et le décrochage durable selon l’étude sur l’orientation des jeunes parue en mars 2025. 

*Méthodologie : étude d’opinion conduite en juin 2025 par l’IFOP pour le Groupe IGENSIA Education, réalisée auprès du grand public (1  002 personnes représentatives de la population française âgée de 18 ans sur des critères de genre, d’âge, de catégorie socioprofessionnelle et de région d’habitation, dont 593 actifs, 409 inactifs et 105 étudiants) et de 300 dirigeants, DRH et responsables de formation d’entreprises de 5 salariés et plus.

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DES ACTIFS DÉCLARE AVOIR VÉCU AU MOINS UNE RECONVERSION PROFESSIONNELLE COMPLÈTE

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AI Summary

NOTRE RÉSUMÉ EN

5 points clés

PAR L'EXPRESS CONNECT IA

(VÉRIFIÉ PAR NOTRE RÉDACTION)

Voici un résumé en cinq points clés de l’article sur le sujet : Se former, un impératif pour sa carrière mais les employeurs trainent des pieds

  • La formation plébiscitée… mais très peu pratiquée

    Si 9 actifs sur 10 jugent la formation essentielle, 40 % ne s’y consacrent jamais et les autres n’y passent qu’1,7 h par semaine. Un paradoxe lié à des emplois du temps chargés… mais aussi au fait que de nombreux salariés se forment seuls via des ressources en ligne.

  • Un levier d’attractivité et de rétention encore sous-exploité

    Près de la moitié des salariés ne se sentent pas accompagnés dans leur montée en compétences. Pourtant, 47 % des actifs — et deux tiers des étudiants — considèrent la politique de formation comme un critère décisif pour choisir une entreprise. Les employeurs eux-mêmes reconnaissent son rôle essentiel pour fidéliser les talents.

  • Un manque d’alignement entre formations et besoins du terrain

    Un tiers des employeurs estiment que les formations actuelles ne correspondent pas aux attentes réelles des métiers. Résultat : 70 % jugent les jeunes peu préparés au monde professionnel, et un actif sur deux ne se sent pas armé pour faire évoluer ses compétences. Les soft skills (curiosité, pensée critique, adaptabilité) deviennent donc centrales.

  • Des priorités divergentes entre actifs et employeurs

    Les actifs et étudiants placent l’IA et les transformations sociales en tête des enjeux qui influencent leur carrière, tandis que les employeurs priorisent la transition écologique et les tensions géopolitiques. Malgré ces visions différentes, seuls 50 % des Français se disent réellement prêts à affronter ces transformations.

  • Une orientation défaillante qui fragilise les parcours

    Parcours non linéaires, reconversions fréquentes, jeunes mal informés : les erreurs d’orientation coûtent 2 à 3 milliards d’euros par an et retardent l’entrée sur le marché du travail. Un déficit d’information qui alimente désillusions, réorientations et ruptures de parcours.

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