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[Dossier] Margaux Gaignebet, ingénieure d’études mécaniques : « C’est un métier très challengeant »

5 Min. de lecture
Margaux ingénieure d'études mécanique chez Framatome

Margaux Gaignebet, 28 ans, est ingénieure d’études mécaniques chez Framatome. Elle a intégré l’entreprise, spécialisée dans le secteur nucléaire, en janvier 2022. Atteinte dans un premier temps du syndrome de l’imposteur, la jeune femme est désormais pleinement épanouie à son poste.


« C’est un domaine qui me faisait un peu peur ». À 28 ans, Margaux Gaignebet est ingénieure d’études mécaniques chez Framatome, une entreprise spécialisée dans le secteur nucléaire. « Un métier très challengeant », s’enthousiasme la jeune femme. « Cela va faire trois ans que j’occupe ce poste. Et je suis toujours en phase d’apprentissage ! Il y a certes de nombreux calculs thermiques, thermomécaniques, qui peuvent être des tâches répétitives. Mais les problématiques, elles, sont différentes. On échange beaucoup entre collègues, j’apprends tout le temps de nouvelles choses ».

Pourtant, rien ne la prédestinait à ce milieu. « Initialement, je n’avais pas du tout prévu de travailler dans ce secteur ». C’est lors de son Master Procédé, Energie, Environnement (PEE) à l’Université Paris-Saclay, qu’elle s’intéresse à l’énergie. Un stage chez Air Liquide, spécialiste des gaz industriels, la convainc de continuer dans cette voie.

Mais l’ingénieure appréhende. « Je me disais que c’était un secteur hyper technique, peut-être trop ». Après trois ans passés chez Framatome, qu’elle a rejoint à la fin de son stage, les craintes de Margaux se sont finalement évaporées. « J’ai décidé de me lancer pour me faire ma propre opinion. Désormais, je suis très heureuse de travailler dans le nucléaire », assure-t-elle, soulignant son attachement « à une certaine éthique ». « Je voulais éviter de travailler dans le pétrole par exemple ».

La jeune femme a cependant mis de longs mois à se débarrasser de son « syndrome de l’imposteur ». « Lorsque j’ai intégré l’entreprise, je ne me sentais pas à ma place. Mais je ne pense pas que ce soit lié au fait d’être une femme. Je me disais juste que j’avais moins de connaissances que les autres. J’en ai discuté avec mes collègues, y compris masculins. Eux-aussi avaient ce sentiment-là, raconte-t-elle. Au final, je crois qu’on l’a tous eu. Pas seulement dans ce secteur, qui peut être impressionnant. Certains de mes amis, qui travaillent dans des domaines moins techniques, sont aussi passés par là. J’ai l’impression que c’est un peu le processus du nouvel arrivant. Qui passe plus ou moins vite ».

À son arrivée chez Framatome en janvier 2022, Margaux a intégré une équipe composée majoritairement d’hommes. « Sur 18 personnes, il n’y avait qu’une seule femme. J’étais la deuxième. Depuis, il y en a de plus en plus. Aujourd’hui, nous sommes 10 ingénieures, soit un tiers de la section actuelle de 30 salariés ». L’effectif global de l’entreprise compte quant à lui 22 % de femmes.

Ce dont n’a jamais souffert la vingtenaire. « J’ai été extrêmement bien accueillie. Je n’ai pas ressenti de différence de traitement. L’ambiance, l’entente entre collègues… Je m’y sens bien, c’est très bienveillant ».

Lors de son passage à l’École nationale supérieure d’Arts et Métiers (ENSAM), de 2017 à 2020, Margaux a connu une année record de fréquentation féminine. « En 2017, nous étions 33 % de jeunes femmes (contre 15 % en 2025, ndlr) ». Pas de quoi, là encore, désorienter l’ancienne étudiante, qui souligne la mise en place de plusieurs actions de la part de l’établissement. « Il y avait notamment des groupes dédiés aux violences sexuelles et sexistes. Si l’on était victime ou témoin de quelque chose, on pouvait se tourner vers les personnes en charge de ces groupes ». Margaux, elle, n’a jamais eu affaire à ce type de comportement, et évoque « un parcours sans encombre ». « J’ai été dans des milieux masculins toute ma vie, ajoute-t-elle. Dès la classe préparatoire, voire même dès la terminale scientifique, il y avait un pourcentage de garçons plus élevé. Ce qui, personnellement, ne m’a jamais dérangée ».

Si l’ingénieure n’a pas été freinée par le manque de mixité, certaines jeunes femmes hésitent encore à se lancer. « J’ai envie de leur dire d’y aller, de ne pas avoir peur. Ce n’est pas parce qu’il y a davantage d’hommes qu’elles ne sont pas à la hauteur ! ». 

« Il faut encourager les femmes qui le souhaitent à se diriger vers ces milieux-là, assure-t-elle. On rencontre une multitude de personnes extraordinaires. Et ce, peu importe leur genre ».

Lire le dossier complet :
#1 La place des femmes dans les écoles d’ingénieurs – Nadège Trousset, Directrice Générale de l’ENSAM
#2 Camille, étudiante en génie énergétique : « Je ne regrette pas du tout mon choix » RDV demain
#3 Morgane Colombert, ingénieure en génie urbain : « J’ai eu cette chance de ne pas m’être sentie discriminée en tant que femme »


(vérifié par notre rédaction)

Voici un résumé en cinq points clés de l’article sur le sujet : Margaux Gaignebet, ingénieure d’études mécaniques : « C’est un métier très challengeant ».

Parcours professionnel de Margaux : Margaux Gaignebet, 28 ans, est ingénieure d’études mécaniques chez Framatome depuis 2022, où elle est impliquée dans des projets liés au secteur nucléaire et à la transition énergétique.

Challenge et épanouissement : Bien qu’elle ait au départ ressenti un syndrome de l’imposteur, Margaux s’est épanouie dans son rôle et apprécie les défis techniques, les échanges avec ses collègues et l’apprentissage continu.

Mixité et accueil bienveillant : Dans une équipe majoritairement masculine, Margaux n’a pas éprouvé de discrimination et se sent bien intégrée. Elle souligne l’augmentation de femmes dans son secteur, passant de deux femmes dans son équipe à dix.

Importance du soutien institutionnel : Son expérience à l’École nationale supérieure d’Arts et Métiers (ENSAM) a été positive, avec des initiatives en faveur des femmes, dont des groupes de soutien contre les violences sexistes, renforçant un environnement inclusif.

Message d’encouragement : Margaux appelle les jeunes femmes à oser s’engager dans des milieux techniques dominés par les hommes, en leur assurant qu’elles peuvent être à la hauteur et qu’elles rencontreront des personnes inspirantes, indépendamment du genre.

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