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Maxence, étudiant en fauteuil à l’ESSEC : « Il faut choisir ce qu’on veut faire, et trouver un moyen d’y arriver »

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Jeune homme en fauteuil roulant électrique en costume, portrait souriant sur campus extérieur.

Maxence Harlaut vient de Reims, « une ville que les gens connaissent plus pour le champagne que pour son nom ». Il y a fait un lycée général avant d’intégrer l’ESSEC Business School il y a trois ans. Il est aujourd’hui en fin de troisième année de Global BBA, un programme bachelor suivi en quatre ans. Et petite particularité de Maxence : il se déplace en fauteuil roulant. Ce détail, il le mentionne sans en faire un sujet et c’est peut-être là toute la leçon de son parcours.

Un campus pensé pour que rien ne s’arrête à la porte

Le matin, Maxence traverse une rue. C’est tout. L’ESSEC lui a attribué une chambre dans une résidence étudiante, à quelques mètres du campus de Cergy. Une fois à l’école, le reste coule de source : des ascenseurs partout, des rampes là où il le faut, des salles de classe accessibles. « On peut difficilement faire mieux », dit-il. Et quand on lui demande de comparer avec d’autres bâtiments, y compris publics, sa réponse est lapidaire : « L’administration ne suit pas ses propres règles. Les bâtiments ne sont bien souvent pas accessibles en fauteuil. »

En cours, il retire la chaise du bureau et s’installe avec la sienne. Il tape sur son ordinateur plutôt que d’écrire à la main, « dans un monde professionnel où plus grand monde ne le fait de toute façon ». Pour les examens, il bénéficie d’un tiers-temps, non pas pour finir plus vite, mais pour pouvoir gérer les contraintes logistiques que les autres ignorent, trouver des toilettes adaptées, utiliser une machine respiratoire, ne pas grignoter son temps de composition pour des raisons qui n’ont rien à voir avec l’épreuve.

« Si on est assez bon pour faire les cours, pour réussir les oraux, le fait qu’on soit en fauteuil, ce sera une étape à régler après. Il faut d’abord choisir ce qu’on veut faire et ensuite trouver un moyen d’y arriver. »

Maxence Harlaut

Lire aussi : L’ESSEC parie sur la force du groupe pour former les managers de demain

Mme Forget, la mission handicap et l’idée que les murs peuvent tomber

Derrière cette organisation, il y a une personne que Maxence cite plusieurs fois : Mme Forget, responsable de la mission handicap de l’ESSEC Business School. C’est elle qui coordonne les aménagements sur le campus, lors des examens, et même en amont des concours d’entrée. Avant que Maxence n’arrive à l’école, il avait déjà fait une visite du campus pour s’assurer que tout était praticable. « J’étais convaincu que si un mur avait bloqué mon passage, il aurait été détruit dans l’heure. »

Son rôle dépasse la gestion du quotidien. Elle intervient aussi au niveau national sur les questions d’égalité et d’accessibilité, une forme de lobbying que Maxence juge utile et cohérent : « Le meilleur moyen pour que les étudiants soient bien, c’est aussi que d’un point de vue national, ce soit encore mieux. »

Côté enseignants, son expérience est positive, sans être naïve. « Quand quelqu’un dit clairement ce dont il a besoin, il y a rarement un problème. » L’ESSEC propose par ailleurs un certificat Handicap & Talent à l’ensemble de ses étudiants, professeurs et salariés de l’école, auquel Maxence a lui-même participé comme intervenant.

Lire aussi : Entreprendre en étant étudiant : le guide ultime, par l’incubateur de l’ESSEC Business School

Barcelone, BPCE et l’art de prévoir à l’avance

Le parcours de Maxence ne s’est pas limité au campus de Cergy. Il a fait un semestre à Barcelone, bilingue espagnol oblige. Organiser six mois à l’étranger en fauteuil, avec des auxiliaires de vie à trouver et à financer, un logement accessible à dénicher après de nombreuses visites, un avion dont il faut s’assurer que la soute accepte le fauteuil, etc. Ça ne s’improvise pas. « Je ne peux pas dire du jour au lendemain que je pars au bout du monde et voir comment ça se passe. » Mais ça s’est fait, avec l’aide de sa famille, de Mme Forget et de partenaires entreprises que l’ESSEC l’a aidé à identifier.

À côté de ses stages en marketing chez Viseo et à la Fédération française des banques alimentaires, il démarre en septembre un stage de fin d’études de six mois au siège du groupe BPCE, en contrôle interne. Ce stage, il l’a décroché notamment grâce à l’Open Forum, un forum de recrutement organisé deux fois par an à l’ESSEC, réservé aux étudiants en situation de handicap. Une vingtaine d’entreprises y participent, BPCE, BNP, Adidas et d’autres, avec leurs chargés mission handicap directement sur place. Maxence a contribué à l’organiser cette année et en a profité au passage. « C’est toujours plus simple quand les entreprises viennent à vous. » Son parcours à l’ESSEC n’est pas terminé, et Maxence reste activement à la recherche de nouveaux sponsors pour la suite.

Quand « passer par la fenêtre » n’est plus une métaphore

En dehors des cours, Maxence joue aux jeux de rôle et de cartes au Bureau des Jeux, s’implique dans des associations entrepreneuriales et négocie en ce moment avec le bureau des sports pour implanter le tir à la carabine sur le campus. Sa spécialité. « Il n’y a jamais d’impossibilité, c’est toujours comment on peut faire. »

Il le raconte avec une formule qui résume assez bien son approche. Il était chez un ami pour le Nouvel An, la porte était trop étroite pour son fauteuil. Il est passé par la fenêtre. « L’expression prend tout son sens. »

Il envisage de rester à l’ESSEC pour un master. Pour des raisons académiques, bien sûr. Et pour le reste aussi.

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