Pour comprendre comment fonctionne l’accès aux études de médecine en France, il faut connaître l’histoire de ses quotas. Numerus clausus, numerus apertus, suppression des quotas, etc. Le système a changé trois fois en quelques années. Voici ce que signifient ces termes, ce qui les distingue et où en est la réglementation aujourd’hui.
Qu’est-ce que le numerus clausus ?
Le numerus clausus, qui signifie littéralement « nombre fermé » en latin, était le quota national fixant chaque année le nombre d’étudiants autorisés à passer en deuxième année de médecine. Ce système, en place pendant des décennies, visait à réguler le nombre de médecins formés en France pour éviter un excès de l’offre de soins.
Dans les faits, il a surtout conduit à une pénurie croissante de médecins, avec des déserts médicaux dans de nombreux territoires. En 2019, environ 9 500 étudiants passaient en deuxième année de médecine chaque année. Le gouvernement a décidé de supprimer ce quota en 2020, lors de la réforme qui a aussi instauré le PASS et la LAS.
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Qu’est-ce que le numerus apertus ?
Le numerus apertus, qui signifie « nombre ouvert », est le système qui a remplacé le numerus clausus à partir de la rentrée 2020. Plutôt qu’un quota national unique, il donnait à chaque université la responsabilité de fixer elle-même le nombre de places en deuxième année des filières MMOPK, en lien avec les agences régionales de santé et selon les besoins de santé de son territoire.
L’objectif était d’augmenter progressivement le nombre de médecins formés pour répondre à la pénurie et d’adapter les capacités de formation aux réalités locales. Entre 2020 et 2025, le nombre d’admissions en deuxième année de médecine a augmenté de près de 20 %, passant d’environ 9 500 à plus de 12 000 places par an. Malgré cette ouverture, la sélection restait très forte, le nombre de candidats dépassant toujours largement les capacités d’accueil.
Le numerus apertus existe-t-il encore ?
Non. Le numerus apertus a été supprimé par la loi du 27 juin 2025, portée par le député Yannick Neuder. Depuis la rentrée 2025, les universités n’ont plus de quota fixé à l’avance pour réguler leurs admissions en deuxième année. Chaque faculté peut accueillir autant d’étudiants qu’elle estime pouvoir former correctement, sans plafond imposé par l’État ou par les agences régionales de santé.
Cette suppression ne signifie pas pour autant que l’accès aux filières de santé est libre. La sélection reste très réelle, fondée sur les résultats académiques et les capacités pédagogiques de chaque établissement. Ce qui change, c’est que le nombre de places n’est plus limité par un quota administratif, mais par les moyens de formation de chaque faculté.
Quelle différence entre numerus clausus et numerus apertus ?
Le numerus clausus était un quota national unique, décidé par le gouvernement, identique pour toutes les universités. Le numerus apertus était un quota décentralisé, fixé localement par chaque université en lien avec les besoins sanitaires régionaux. Le premier enfermait le système dans un chiffre figé, le second permettait une plus grande souplesse, mais les deux maintenaient une limitation du nombre de places.
La suppression du numerus apertus en 2025 va plus loin en supprimant tout quota. Mais elle ne résout pas pour autant la tension entre le nombre de candidats et les places disponibles, qui reste très élevée.
Qu’est-ce que cela change pour les candidats aux études de médecine ?
Pour les lycéens qui visent médecine, pharmacie ou une autre filière MMOPK, la fin du numerus apertus ne rend pas l’accès plus facile. La concurrence reste intense, et la sélection s’appuie toujours sur les résultats obtenus en première année. Ce qui change, c’est que le nombre de places peut varier d’une année sur l’autre selon les capacités de chaque faculté, et qu’il n’y a plus de chiffre national officiel publié à l’avance.
Par ailleurs, la grande réforme de 2027, qui remplace le PASS et la LAS par la licence portail santé, modifie les modalités d’accès mais pas la logique de sélection. Les places restent limitées par les capacités de formation, et non plus par un quota réglementaire.
Lire aussi : Licence portail santé, ce qui remplace le PASS et la LAS dès 2027
Le numerus clausus était un quota national fixé par le gouvernement, identique pour toutes les universités. Le numerus apertus, instauré en 2020, décentralisait ce quota en laissant chaque université fixer ses propres capacités d’accueil selon les besoins sanitaires locaux.
Non. Le numerus apertus a été supprimé par la loi du 27 juin 2025. Depuis la rentrée 2025, les universités n’ont plus de quota imposé pour leurs admissions en deuxième année des filières de santé.
Non. La suppression du quota ne supprime pas la sélection. Les places restent limitées par les capacités de formation de chaque faculté, et la concurrence entre candidats reste très forte.
Le nombre de places a progressivement augmenté depuis 2020, passant d’environ 9 500 admissions annuelles en deuxième année sous le numerus clausus à plus de 12 000 sous le numerus apertus. Les objectifs nationaux prévoyaient d’atteindre 16 000 places à l’horizon 2027.















