Le salaire à la sortie d’une école d’ingénieurs varie fortement selon l’établissement, la spécialisation choisie et le secteur rejoint après le diplôme. Entre Polytechnique, CentraleSupélec, Mines Paris, Télécom Paris, les écoles du groupe INSA ou les établissements de l’Institut Mines-Télécom, plusieurs centaines d’euros nets par mois peuvent séparer les jeunes diplômés. Encore faut-il comparer des données qui ne mesurent pas exactement la même chose. InserSup observe les rémunérations réellement déclarées en France, tandis que la Conférence des grandes écoles et les enquêtes d’insertion des établissements publient surtout des salaires bruts annuels de premier emploi.
Ce classement rassemble plus de trente grandes écoles d’ingénieurs françaises et représente la moyenne des deux enquêtes. La colonne InserSup utilise la rémunération nette mensuelle en équivalent temps plein observée 30 mois après le diplôme. La seconde colonne reprend la dernière donnée de rémunération publiée dans une enquête CGE ou une enquête officielle de l’établissement.
Quel est le classement des écoles d’ingénieurs par salaire pour 2027 ?
Le tableau permet de comparer la rémunération après une école d’ingénieurs sous deux angles. InserSup apporte une mesure administrative homogène du salaire net en France. Les enquêtes CGE ou celles publiées par les écoles sont plus proches du premier emploi, mais certaines communiquent une moyenne, d’autres une médiane, avec ou sans primes.
| Rang | École | Salaire mensuel CGE / école, net estimé | Salaire mensuel InserSup, net | Moyenne |
|---|---|---|---|---|
| 1 | ENSAE Paris | 3 672 € | 3 801 € | 3 736 € |
| 2 | École polytechnique | 3 575 € | 3 661 € | 3 618 € |
| 3 | Mines Paris – PSL | 3 261 € | 3 345 € | 3 303 € |
| 4 | École des Ponts ParisTech | 3 356 € | 3 183 € | 3 270 € |
| 5 | ENSTA | 3 172 € | 3 135 € | 3 154 € |
| 6 | ENSM | 2 438 € | 3 847 € | 3 142 € |
| 7 | Télécom Paris | 3 192 € | 3 050 € | 3 121 € |
| 8 | EPITA | 3 068 € | 3 114 € | 3 091 € |
| 9 | ISAE-SUPAERO | 3 022 € | 3 025 € | 3 024 € |
| 10 | Télécom SudParis | 2 925 € | 3 098 € | 3 012 € |
| 11 | CentraleSupélec | 2 542 € | 3 422 € | 2 982 € |
| 12 | ESPCI Paris – PSL | 3 055 € | 2 900 € | 2 978 € |
| 13 | Centrale Lyon | 2 990 € | 2 895 € | 2 942 € |
| 14 | Grenoble INP – Ensimag* | 3 177 € | 2 686 € | 2 932 € |
| 15 | Centrale Lille | 3 055 € | 2 799 € | 2 927 € |
| 16 | Arts et Métiers | 2 883 € | 2 781 € | 2 832 € |
| 17 | IMT Mines Alès | 2 931 € | 2 682 € | 2 806 € |
| 18 | IMT Nord Europe | 2 730 € | 2 880 € | 2 805 € |
| 19 | Centrale Méditerranée | 2 860 € | 2 740 € | 2 800 € |
| 20 | IMT Atlantique | 2 723 € | 2 820 € | 2 772 € |
| 21 | École de l’air et de l’espace** | 2 481 € | 3 060 € | 2 771 € |
| 22 | Chimie ParisTech – PSL | 2 698 € | 2 760 € | 2 729 € |
| 23 | INSA Rouen Normandie | 2 756 € | 2 683 € | 2 720 € |
| 24 | École navale** | 2 100 € | 3 320 € | 2 710 € |
| 25 | UTC | 2 658 € | 2 740 € | 2 699 € |
| 26 | Centrale Nantes | 2 647 € | 2 740 € | 2 694 € |
| 27 | INSA Toulouse | 2 730 € | 2 656 € | 2 693 € |
| 28 | ENAC | 2 537 € | 2 809 € | 2 673 € |
| 29 | Grenoble INP – Phelma* | 2 600 € | 2 686 € | 2 643 € |
| 30 | INSA Lyon | 2 528 € | 2 740 € | 2 634 € |
| 31 | INSA Rennes | 2 470 € | 2 635 € | 2 552 € |
Le rang est établi à partir de la moyenne entre le salaire net mensuel médian InserSup à 30 mois et le salaire net mensuel estimé à partir des enquêtes CGE ou des données publiées par les établissements. Seules les écoles disposant de deux valeurs exploitables sont intégrées au classement principal.
Une valeur « n.d. » ne signifie donc pas que l’école se situe sous les établissements classés. Pour ENSAE Paris, les 3 801 € indiqués dans la colonne InserSup correspondent au Groupe ENSAE-ENSAI, et non aux seuls diplômés d’ENSAE Paris. La moyenne de 3 736 € combine donc deux périmètres différents et doit être interprétée avec précaution. Pour Grenoble INP, la donnée InserSup utilisée correspond au périmètre institutionnel Grenoble INP et ne permet pas de départager Ensimag et Phelma. InserSup applique par ailleurs des seuils statistiques et peut cumuler deux promotions lorsque les effectifs sont trop faibles.
Pour l’École navale et l’École de l’air et de l’espace, aucune donnée CGE directement comparable n’étant disponible, la première colonne reprend une rémunération nette officielle d’officier en début de carrière. La moyenne doit donc être interprétée avec davantage de prudence pour ces deux établissements.
Lire aussi : Enquête CGE 2026, emploi et salaires des diplômés.
Et les autres grandes écoles d’ingénieurs en 2027 ?
Plusieurs établissements majeurs ne figurent pas dans le classement principal, alors qu’ils publient eux aussi des données de rémunération à la sortie. Pour comparer ces écoles sur une base commune, les salaires bruts annuels publiés par les établissements ont été convertis en salaire net mensuel estimé avec la même convention que dans le tableau principal.
| École | Salaire brut annuel publié | Net mensuel estimé | Pourquoi hors classement principal |
|---|---|---|---|
| Mines Saint-Étienne | 47 000 € | ≈ 3 055 € | InserSup non sécurisé |
| ESTP | 46 142 € | ≈ 2 999 € | InserSup non sécurisé |
| Mines Nancy | 43 500 € | ≈ 2 828 € | InserSup non sécurisé |
| IMT Mines Albi | 42 782 € | ≈ 2 781 € | InserSup non sécurisé |
| Toulouse INP – ENSEEIHT | 41 700 € | ≈ 2 711 € | InserSup non sécurisé |
| ISAE-ENSMA | 37 500 € | ≈ 2 438 € | InserSup non sécurisé |
Ces écoles ne sont pas exclues parce que leurs diplômés gagneraient moins que ceux du classement principal. Elles le sont parce que le classement repose sur la moyenne de deux sources distinctes, InserSup et une enquête CGE ou institutionnelle de l’école. Pour ces établissements, une donnée salariale officielle est disponible auprès de l’école, mais aucune valeur InserSup suffisamment précise ou directement comparable n’a pu être rattachée au même diplôme et au même périmètre.
Certaines données InserSup peuvent être publiées au niveau d’un établissement juridique plus large, agréger plusieurs formations ou ne pas apparaître lorsque les effectifs sont insuffisants. Faute de seconde valeur homogène, calculer artificiellement une moyenne aurait introduit un biais dans le classement.
Lire aussi : Salaire en école de commerce 2026 : FT, Insersup et CGE agrégés, combien gagne-t-on après un MiM / PGE ?
Quel est le salaire moyen à la sortie d’une école d’ingénieurs en 2027 ?
À l’échelle nationale, l’enquête CGE 2026 donne un bon ordre de grandeur du salaire ingénieur débutant. Pour les diplômés ingénieurs travaillant en France, la rémunération brute annuelle moyenne primes comprises atteint 42 338 euros et la médiane 41 400 euros. Ces chiffres englobent des centaines de formations et sont donc sensiblement inférieurs aux niveaux affichés par certaines écoles très présentes dans le conseil, la finance, le numérique ou les industries à forte valeur ajoutée.
InserSup mesure autre chose. Pour les diplômés 2022 des écoles d’ingénieurs salariés en France douze mois après le diplôme, la moitié des salaires se situe entre 2 360 et 2 910 euros nets mensuels en équivalent temps plein. Les données ne reposent pas sur une déclaration volontaire des diplômés, mais sur les informations administratives issues notamment des DSN.
Ces deux sources dessinent donc un niveau de départ généralement situé autour de 40 000 à 45 000 euros bruts annuels pour un jeune ingénieur en France, tout en montrant que certaines populations dépassent rapidement ce niveau. La progression entre le premier emploi et la situation mesurée 30 mois plus tard explique aussi pourquoi les valeurs InserSup les plus hautes ne peuvent pas être converties directement en équivalent du salaire CGE.
Pourquoi InserSup et la CGE donnent-ils des salaires différents ?
InserSup suit les diplômés à partir de données administratives et exprime la rémunération sous forme de salaire net mensuel en équivalent temps plein. Le dispositif observe la situation à 12, 18, 24 et 30 mois après le diplôme. Il couvre uniquement les rémunérations entrant dans son champ statistique français et exclut notamment certaines situations professionnelles à l’étranger.
La CGE interroge pour sa part les jeunes diplômés et les établissements sur leur salaire de sortie d’école d’ingénieur. Le chiffre publié est généralement un brut annuel, mais le périmètre varie. Une école peut communiquer une moyenne hors primes, une médiane avec primes ou encore isoler les diplômés travaillant en France. Deux montants apparemment proches ne décrivent donc pas nécessairement la même population.
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Quelles écoles d’ingénieurs ont les salaires les plus élevés en 2027 ?
Les premières positions InserSup sont occupées par des établissements aux profils très différents. L’ENSM constitue le cas le plus spectaculaire, avec 3 847 euros nets mensuels à 30 mois. Cette rémunération est liée à un marché professionnel très spécifique, celui des officiers de la marine marchande. Comparer mécaniquement l’ENSM à CentraleSupélec ou à Polytechnique sans tenir compte de la nature des emplois serait donc réducteur.
Les écoles généralistes les plus sélectives restent néanmoins très présentes en haut du tableau. Polytechnique, CentraleSupélec, Mines Paris, les Ponts et ENSTA dépassent 3 100 euros nets mensuels à 30 mois dans les données disponibles. Les enquêtes d’insertion propres aux établissements confirment des niveaux de rémunération élevés, particulièrement aux Ponts et à Mines Paris.
Le numérique ressort également. EPITA atteint 3 114 euros nets dans les données InserSup utilisées et une médiane de 47 200 euros bruts annuels dans son enquête publiée en 2026. Télécom Paris affiche de son côté 49 100 euros de salaire brut annuel médian hors primes pour sa promotion 2025. Cette présence du numérique s’explique en partie par les débouchés dans le logiciel, la cybersécurité, la data, le conseil et les services technologiques.
Lire aussi : Les écoles d’ingénieurs membres de la CGE, la liste et les principaux repères.
La spécialité de l’école influence-t-elle le salaire d’un ingénieur en 2027 ?
Le nom de l’établissement n’explique pas seul les écarts du classement des écoles d’ingénieurs par salaire. Deux diplômés de la même école peuvent recevoir des propositions très différentes selon qu’ils rejoignent une banque, une entreprise technologique, un cabinet de conseil, une société industrielle, le BTP, l’aéronautique ou la recherche.
Bon à savoir
Les écoles particulièrement positionnées sur l’informatique, les télécommunications, la data ou les mathématiques appliquées bénéficient de débouchés vers plusieurs secteurs offrant des rémunérations d’entrée élevées. ENSAE Paris constitue un cas parlant avec des carrières en data science, économie, actuariat et finance. Ensimag bénéficie elle aussi de son positionnement en informatique et mathématiques appliquées, avec une rémunération brute annuelle moyenne avec primes proche de 49 000 euros dans sa dernière enquête disponible.
À l’inverse, des écoles tournées vers l’agronomie, la chimie ou certaines branches industrielles peuvent afficher un salaire initial inférieur sans que cela préjuge de la qualité académique du cursus. AgroParisTech présente par exemple un salaire médian de premier emploi plus bas que les écoles orientées vers la finance ou le numérique. Comparer les établissements suppose donc de regarder le secteur d’insertion autant que leur rang.
Pourquoi le salaire ne suffit-il pas pour comparer deux écoles d’ingénieurs ?
Un écart de quelques centaines d’euros peut venir de la géographie du premier emploi. Les diplômés travaillant en Île-de-France sont davantage exposés aux grandes entreprises, aux sièges sociaux, au conseil et aux fonctions technologiques ou financières. Une école dont une grande partie de la promotion reste à Paris peut donc afficher un salaire brut plus élevé qu’une école dont les diplômés se répartissent davantage sur le territoire.
L’international perturbe également les comparaisons. InserSup ne capture pas de la même manière un diplômé parti travailler en Suisse, aux États-Unis ou au Royaume-Uni, alors que certaines enquêtes d’écoles publient des rémunérations internationales. Or celles-ci peuvent être nettement supérieures aux salaires français sans procurer le même pouvoir d’achat une fois le coût de la vie pris en compte.
La poursuite en doctorat produit un autre effet. Des établissements fortement tournés vers la recherche, comme ESPCI Paris – PSL, peuvent avoir une proportion importante de diplômés qui poursuivent leurs études. Une donnée de rémunération manquante ou un salaire observé sur un effectif réduit ne doit donc jamais être interprété comme un mauvais niveau d’insertion professionnelle.
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